|
|
|
|
 Comme semble le confirmer ici le philosophe Mouigni, Ahmed Abdallah Sambi a bel et bien décidé de (tenez-vous bien: "pas briguer un nouveau mandat" car ce serait intelligent pour lui) proroger son bail avec le peuple comorien à Beït-Salam Itsandra Mdjini.
A Addis Abeba, Sambi était comme un orphélin car il n'a pas compris que d'autres Chefs d'Etat, plus puissants, plus sérieux, avec des réseaux très puissants, auraient voulu proroger leur mandat respectif. Ils auraient eu plus d'aisance à expliquer un tel choix.Sambi a cru que ce qu'il dit aux Comoriens serait aussi valable à Addis Abeba. Kikwétré le tanzanien l'a prévenu. L'Afrique du Sud attendait son heure depuis que Sambi maladroitement l'a contournée du dossier comorien.
Ni diplomate, ni même politique, ignorant ce que sont les forums internationaux, Sambi a cru que seul Kadaffi décide de tout en Afrique alors que lui-même voulant briguer un second mandat à la tete de l'Union Africaine comme chez lui en Lybie où il n'existe même pas de scrutin, il a été prié de rentrer chez lui.Mais puisque l'Union Africaine doit avant tout respecter sa Charte qui interdit aux Etats-Membres de s'immiscer dans les affaires internes des Etats, les Chefs d'Etat ont lancé une mise en garde que même un ignorant aurait compris le sens.
En plus de la Guinné, du Niger et de Madagascar, l'Union Africaine, après le 26 mai 2010, si Sambi reste là où il est, c'est notre pays qui en sera exclu en attendant le processus de sanctions que la communauté internationale met en place en pareilles circonstances graduellement!Et pour preuve, voici le résumé de ce qui s'est réellement passé à Addis Abeba. La mise en garde est vers la fin du texte.
Dans les coulisses du sommet de l'Union Africaine à Addis Abeba, les voix qui se disaient discrètement soulagées de la fin de la présidence libyenne étaient nombreuses. Beaucoup se plaignaient que la volonté affichée de l'Union Africaine de promouvoir la démocratie avait été discréditée par un Mouammar Kadhafi qui vantait les comités populaires de son pays.
En tout cas, le soutien qu'affichait le guide libyen aux changements inconstitutionnels à Madagascar, en Mauritanie et en Guinée ne semble plus dans la ligne actuelle de l'Union Africaine. En ce qui concerne Madagascar, c'est la SADC qui a proposé le texte de la résolution finalement adoptée par le sommet de l'Union Africaine. L'organisation de l'Afrique australe aura eu la satisfaction de voir le texte qui affirme clairement son leadership sur ce dossier adopté à l'unanimité. Le sommet clôt donc en quelque sorte l'ère des soupçons entre Jean Ping et les ministres de la SADC, car la résolution « souligne le rôle de leadership joué par la SADC dans le processus de médiation, étant donné ses responsabilités régionales et ses avantages comparatifs ». Et elle exprime « son soutien entier à Joaquim Chissano, médiateur de la SADC » dans la crise malgache.
Surtout, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Africaines demandent « au régime illégal à Madagascar de mettre fin à ses tentatives d'imposer des solutions unilatérales ». Ils réaffirment que les Accords de Maputo et l'Acte Additionnel d'Addis-Abeba « demeurent la seule feuille de route permettant une solution globale à la crise à Madagascar », et « lancent un appel pour la mise en oeuvre rapide et juste de ces Accords ». Les dirigeants africains ont fermement invité les parties malgaches à répondre d'ici vendredi, aux solutions de compromis présentées le 21 janvier par le président de la Commission de l'UA, Jean Ping.
La SADC avait adopté pendant tous les débats une attitude très ferme vis-à-vis d'Andry Rajoelina et de la HAT, faisant valoir sa volonté d'exercer des sanctions si nécessaire.
D'autres résolutions marquent la volonté accrue de l'organisation panafricaine de refuser les coups d'État, en la dotant de pouvoirs de suspendre les gouvernements qui modifient les constitutions pour étendre leur pouvoir sans un consensus au sein de la classe politique et de la société de leur pays, et de sanctionner les militaires qui tentent de légitimer par la voie des urnes les prises de pouvoir par la force.."
Recueilli par Yann |
| Voir les commentaires (0) | Ajouter un commentaire |
|
|
 Il est grand temps de leurs cracher en face !
‘‘Le pouvoir perturbe les meilleurs esprits’’. Les êtres d’exception comme Mandela, nous n’en avons jamais eu aux Comores. En aura-t-on un jour ? Jusqu’ici aucun esprit n’a résisté à la tentation de l’abus de pouvoir, résisté de l’appétit insatiable, presque maladif, de la position hiérarchique qu’il occupe.
Ils s’accrochent…
La grande majorité ont volé…..et regarder voler….triché et regarder tricher…fait violence et regarder faire violence.
La plupart en sont morts, répondent devant Dieu, d’autres s’en sont sortis humiliés, brisés.
Les facilités de la formule magique ‘‘Raison d’Etat’’, prétexte fallacieux de tant de tricherie inventé par Machiavel, les ont fait chuter…leur ouvrant grandes les portes de l’enfer…
Grisés, certains récidivistes croient encore que tout est possible aux Comores. A faire et à refaire. Dans l’impunité totale.
Parce que nous leurs adressions la parole, nous leurs sourions (sourire métallique il est vrai), nous leur serrons les mains (hypocrisie ou règles de civilité d’un peuple) et nous leurs crachons dessus qu’une fois le dos tourné.
Ils ne le savent pas encore... mais ils le sentent. Des ondes de haine, des vibrations maléfiques parcourent leur corps à longueur de journée.
Chez eux, enfermés avec leurs familles, ils tirent les rideaux, vivent dans le noir absolu, souffrent de tremblements, de perturbations, de hausses de la fréquence cardiaque.
Tu les reconnais en leur fixant les yeux. Ils les écarquillent, le rythme respiratoire perturbé.
Vous savez pourquoi ? Ils vivent de la peur. Ils secrètent en permanence d'adrénaline, l’hormone de la peur, comme ils sécrètent à tout moment d’excréments et d’urine.
Leur corps flasque est toujours en sueur, parce que l’argent qu’ils dépensent dégage une odeur fétide, d’effroi.
Je reconnais. J’assombris le tableau. Il y a toujours ce laps de temps, où ils se sentent souvent rassurés, embaumés par l’ivresse du pouvoir, séduits par les adulateurs qui les cajolent, les clients qui les caressent.
Les détenteurs du pouvoir, le président, les ministres, les directeurs généraux des sociétés d’Etat, les trésoriers payeurs, les directeurs du fisc et des douanes, confisquent, manipulent, ordonnent, distribuent, amassent l’argent tiré de la sueur d’un peuple misérable.
Leur conspiration ? Ils s’attaquent aux intelligences, détruisent la liberté d’entreprendre, corrompent la liberté de la presse …éloignent les auteurs des projets structurés, favorisent les brigands qui contournent les règles et les violent….se pavanent avec tous ceux qui brillent par leur sécheresse d’esprit.
C’est sur ce monde sans scrupules, sans foi, ni loi, que le président Sambi s’appuie pour commettre l’irréparable : prolonger son mandat.
JJ Rousseau avait prévue que ‘‘plus le gouvernement a de force, plus le souverain doit se montrer fréquemment.’’
Les grandes démocraties l’ont compris, réduisent les mandats présidentiels, les dictatures l’ont compris également et les rallonge indéfiniment…
Le mandat du Président est de 5 ans, non renouvelable, immédiatement. Le principe de la tournante reste la base du consensus national.
La durée du mandat n’est ni trop longue pour échapper à l’usure, ni trop courte pour se prémunir de l’instabilité.
Par ce principe de la tournante, les Comoriens, ont cru bon de pouvoir se prononcer à intervalles plus réguliers sur les orientations politiques prises par les gouvernants.
Mais certains, semble-t-il, croient encore au mirage d’un vote qui serait défavorable au Président.
Moi, j’ai en mémoire, la loi sur la citoyenneté économique adoptée sans majorité, promulguée par Sambi, sans avoir été transmise par le parlement au gouvernement.
Je sais. Je sais. La question qu’on pose à Fensso est la même. Que faire alors ?
Leur cracher en face ! Ne plus sourire ! Ne plus serrer leurs mains…
Il est grand temps…
Fensso |
| Voir les commentaires (0) | Ajouter un commentaire |
|
|
 Peut-on déshabiller Mamadou Tanja et Andry Rajoelina pour habiller Ahmed Abdallah Sambi ?
A quelques jours seulement de la fin de son mandat, le président Ahmed Abdallah Sambi multiplie les déclarations et les fait multiplier par les siens pour s'offrir un bonus malus de deux à trois ans, à la tête du gouvernement comorien En réalité, cette affaire qui a une forte odeur d'argent ne fera pas reculer Sambi même si un tremblement de terre à la haïtienne la kaddara Allah, frappe le pays.
Le chef de l'Etat a déjà battu les cartes et rangé ses pions. Une Cours constitutionnelle à la taille de ses bassesses, une Assemblée fédérale téléguidée, une Constitution controversée et verrouillée, une communication monocolore, un discours refrain à l'allure d'un CD usé sont les ingrédients du tripatouillage de la gouvernance de Sambi et des préparatifs d'un coup d'Etat constitutionnel en cours.Aux Comores, l'opposition est déterminée à dénoncer les manœuvres d'un président avachi, insouciant et corrompu et les allégeances d'un gouvernement incompétent qui considère que l'Etat se résume en l'autorité sans le peuple ni même le territoire.
En effet, le peuple ne ressent pas qu'il est encadré et soutenu par le régime. Sambi et son Gouvernement ne disent rien par rapport à la déclaration humiliante de Sarkozy à Mayotte qui se résume en « Mayotte c'est la France ». Le territoire est amputé et Sambi le consent. Mais le discours de l'opposition s'évapore dans l'Océan Indien et entre les HLM que Sambi a construits dans le cadre du projet Habitat.
Sambi s'est vu ironisé à Addis Abeba, lors du dernier sommet de l'Union africaine. Pendant qu'on parle de la marche du continent, du NEPAD,du règlement des conflits en Afrique, de la mondialisation,des changements climatiques,de la crise économique qui traverse le monde,Sambi se cantonne dans sa position d'usurpateur. L'allocution de Sambi est maigre. Très maigre et pauvre d'idées. Aucune contribution dans le débat général dans le sens d'apport d'idées et de perspectives. Sambi a préféré la langue de bois. Une vraie xilolalie.
Il parle de ses réformes, de son harmonisation, de sa majorité, de son allégeance aux Iraniens et aux chiites, de ses projets fantômes, de son pourcentage dans les affaires, de ses harems,de ses ambitions par rapport au pays, de la nécessité de prolonger son mandat,de tout et de rien. Le discours de Sambi n'est qu'une provocation à l'endroit de l'Union africaine. L'Union Africaine est en train de gérer les crises et les conflits en Afrique. Il n'est plus question désormais de coups d'Etat militaires mais plutôt de coups d'Etat constitutionnels. En ligne de mire, Madagascar et le Niger. On parle de résolution dissuasive dans la gestion des changements des Constitutions pour prolonger les mandats présidentiels. Peut-on déshabiller Mamadou Tanja et Andry Rajoelina pour habiller Ahmed Abdallah Sambi ? N'a-t-on pas fini avec la politique de deux poids et deux mesures ?
Dans les coulisses du sommet de l'Union Africaine à Addis Abeba, tout le monde est soulagé de la fin de la présidence de Kadhafi, complaisant avec les Tanja et les Sambi. Désormais, un anglo saxon, en la personne de Mutarika à la tête de l'Union africaine avec l'appui de l'Afrique du Sud,laisse présager une nouvelle ère et espérer que la démocratie sera sauvée en Afrique.
En tout cas, le soutien qu'affichait Kadhafi aux usurpateurs à Madagascar, en Mauritanie,au Niger, aux Comores et en Guinée est une page tournée,à l'Union Africaine. En ce qui concerne Madagascar, c'est la SADC qui a proposé le texte de la résolution finalement adoptée par le sommet de l'Union Africaine.Sambi qui est à la porte de la SADC pour une adhésion des Comores sera sans doute surpris par la Résolution adoptée par l'Union africaine, à l'initiative de l'Organisation régionale.
En effet, l'Organisation panafricaine vient d'adopter une résolution qui marque la volonté du continent de refuser les coups d'État, en se dotant de pouvoirs de suspendre les gouvernements qui modifient les Constitutions pour étendre leur pouvoir sans un consensus au sein de la classe politique et de la société de leur pays, et de sanctionner les militaires qui tentent de légitimer par la voie des urnes les prises de pouvoir par la force.
C'est dans cet élan que je voudrais dire à M.Ahmed Ben Said Djaffar, Ministre des Relations Extérieures des Comores de tempérer son discours et d'obtempérer la réalité des faits. Djaffar qui ignore le processus de réconciliation nationale aux Comores veut briller maintenant en devenant le porte parole de Sambi, en matières de politique intérieure. Apparemment, il a oublié que sa première responsabilité en tant que Chef de la diplomatie est de nous éclairer sur la gestion de la question de Mayotte et de faire, à l'attention des Comoriens, un simple communiqué au sujet de la visite du Président français à Mayotte. Un conseil à mon ami Djaffar ! Allez aux urnes comme Me Mzimba et Me Fahmi au lieu de vous réfugier dans le turban de Sambi avant de nous parler de politique intérieure.
Mouigni Abdou |
| Voir les commentaires (0) | Ajouter un commentaire |
|
|
 Finances publiques La commission de vérification des états de salaires a rendu son rapport
2,7 MILLIARDS FC POUR 10 816 AGENTS
Installée dans la salle de conférence au ministère des finances et du budget de l’Union, la commission chargée de la vérification des états de salaires des mois de février et mars 2009 a presque bouclé son travail, après trois semaines sur le terrain.
Au total 10 822 fonctionnaires et agents de l’Etat ont été ordonnancés pour percevoir leurs salaires du mois de février 2009, soit la bagatelle de 1.373.517.423 de nos francs. Par contre pour le mois de mars de la même année, le chiffre à été légèrement revu à la baisse avec un effectif de 10 816 agents ordonnancés par la même commission, pour 1.346.193.029 fc. Ainsi, l’aide budgétaire décaissée par l’Union Européenne destinée à payer les fonctionnaires et agents de l’Etat pour leurs arriérés de février et mars 2009 aurait devrait totaliser un montant de 2,719 milliards de francs.
Mais en réalité, cette somme est réévaluée par rapport aux états de salaires présentés. Un nombre considérable d’agents n’occupent pas de fonction dans les services ou départements ministériels, pourtant ils figurent sur les fichiers de la fonction publique. Certains sont considérés comme étant fonctionnaires non renseignés, d’autres affectés à d’autres services mais jusque là non renseignés nulle part ailleurs.
Il y a lieu de comprendre qu’après confrontation des états de salaires un écart de 135.797.905 de francs s’est dégagé entre les états de salaires, au bénéfice de l’Etat. Les agents non validés par la commission sont au nombre de 581 pour le mois de février et 583 pour mars. Ceci étant, chaque agent qui se sent lésé est tenu de déposer une requête auprès de son chef personnel ou service de tutelle, qui à son tour devra intervenir auprès de la commission pour validation après rectificatif.
En tout cas, depuis la semaine dernière les fonctionnaires et agents de l’Etat ont commencé à toucher leurs salaires. Mais seuls les personnels utilisant encore les « états manuels » et les préfectures n’ont pas encore perçu cette aide de l’Union européenne. La commission donne des assurances qu’à partir de cette semaine cette catégorie va toucher son du, à l’instar des autres services de l’Etat.
A en croire un membre de la commission que La Gazette a interrogé hier lundi, « le travail n’était pas du tout facile » puisque les chefs de personnel de chaque département ministériel, superstructure ou services avaient le devoir de déposer leurs états de salaires respectifs, qui ont servi de base à la commission pour accéder directement au fichier de la Fop, et faire le parallélisme avec les états de salaires présentés.
La même procédure a conduit à identifier les agents fantômes au niveau de chaque institution publique de l’Union et des iles autonomes de Mohéli, Anjouan et Ngazidja. C’est ainsi que la mission consistait à évaluer de manière exhaustive tout l’effectif des agents en exercice, c'est-à-dire ceux qui sont réellement en activité et occupent un poste budgétaire, pour validation, et mettre de côté ceux qui ne répondent pas aux critères du contrôle.
A titre d’illustration en février 2009, 10 241 agents ont été considérés valides, ce qui vaut environ 1.305.268.516 fc pour le payement de leur salaire et 581 ont été mis en marge c'est-à-dire invalides ou non reconnus. Toutefois, cette catégorie d’agents non valides va devoir batailler fort pour non seulement percevoir le salaire mais aussi et surtout s’inscrire dans un service donné de l’Etat au risque de perdre son poste budgétaire.
Cette étape cruciale qui est la vérification par la confrontation des états de salaires, servira de tremplin pour la commission paritaire pour la création des nouveaux postes budgétaires. L’intersyndicale des enseignants guette de prés les travaux de la commission qui regroupe presque tous les maillons forts de la CTC (Confédération des travailleurs comoriens) au coté des représentants des ministères des finances et de la fonction publique. La prochaine phase sera, selon le gouvernement, la centralisation dans un seul et unique fichier informatisé de tous les fonctionnaires et agents de l’Etat affectés dans les administrations centrale et insulaires.
A.Nabahane |
| Voir les commentaires (0) | Ajouter un commentaire |
|
|
 PHOTO: LES MENSONGES DU TRIO SAMBI, IDI ET LE MERCENAIRE BASHAR KIWANPrivatisation de Comores Telecom : Said-Abasse Dahalani : « Le gouvernement n’a pas le droit de brader le patrimoine national »
Moroni, mercredi 3 février 2010 (HZK-Presse) – Un ancien directeur général de la Société nationale des postes et télécommunications de 1992 à 1996 [Snpt, devenue Comores telecom depuis 2005], Said-Abasse Dahalani, critique le processus engagé par le gouvernement actuel pour la privatisation de cette entreprise publique. Pour lui, le pouvoir cherche à « brader » le patrimoine national, ce qu’il assimile à une opération opaque au profit « d’un mercenariat financier extérieur ». Lire ci-après l’interview exclusive que M. Said-Abasse Dahalani, actuel président du parti Mouroua a accordée à La Gazette des Comores et HZK-Presse.
Question : Vos responsabilités publiques antérieures à Comores Telecom ont posé une forte empreinte de gestion reconnue dans le pays. Il est tout à fait logique de demander votre avis sur la privatisation en cours de cette société…
Said-Abasse Dahalani : Tout d’abord, il me semble utile de nous accorder sur certains termes. Dans les pays développés comme d’une manière générale, on parle de « privatisation » le processus juridique, économique et financier consistant à déléguer la gestion ou à céder en partie ou en totalité les actifs d’une entreprise publique à une entité privée. Ce qui est loin d’être le cas ici. Tout d’abord, l’entreprise publique dans notre pays, n’est ‘publique’ que de nom. C’était pire dans le régime politique précédent, c’est encore pire aujourd’hui. Ce sont en réalité des entreprises ‘présidentielles’ et non des entreprises ‘publiques’. La plupart du temps, s’il n’y a pas une rigueur éclairée de gestion de l’équipe dirigeante de l’entreprise, la logique présidentielle entraîne ces sociétés à se mettre au service quasi-exclusif des dirigeants de l’Etat au détriment de celui de la population en termes de coût et de qualité des services rendus par l’entreprise. En réalité, le processus qui est en cours, consiste à faciliter, sous contrôle présidentiel, l’acquisition par certains acteurs économiques de certains biens publics.
Question : D’une certaine façon, n’est-ce pas là une forme de « privatisation »?
S-A.D. : Au mieux, c’est une « privation » pseudo-légale de la population de son droit de souveraineté sur ses entreprises publiques. Au pire, nous assistons à un raid sur les actifs d’une entreprise publique par un mercenariat financier extérieur allié à des intérêts locaux, à un moment de faiblesse générale de l’Etat qui a perdu ses serviteurs expérimentés à cause d’un clientélisme politique structurel exacerbé.
Question : Votre position ne traduit-elle pas un rejet contre toute forme de privatisation des entreprises publiques ?
S-A.D. En aucun cas. Premièrement, lorsque j’assumais la direction générale de la Snpt, j’avais lancé dès 1994 des études approfondies, confirmées par un bureau d’études de grande renommée internationale dans le secteur, pour séparer la poste et les télécommunications en deux entités distinctes, avec l’objectif à terme de privatiser le secteur des télécommunications « dès que la mariée sera belle » ; autrement dit, dès que les conditions de viabilité économico-financière de l’entreprise seraient remplies pour maximiser les plus-values de la transaction. Deuxièmement, le projet politique du Mouroua que je préside, a exprimé clairement notre ferme volonté « d’actionnariser » les entreprises publiques.
Question : Qu’entendez-vous par « actionnariser » les entreprises publiques ? Et quelle est la différence avec « privatiser » ?
S-A.D. En fait, nous voulons que les entreprises publiques appartiennent réellement au public et non exclusivement aux dirigeants de l’Etat comme c’est le cas aujourd’hui. Pour cela, la réforme des entreprises publiques que nous préconisons, permettra à tout comorien des 4 îles de prendre des actions dans ces sociétés, tout en ouvrant le capital à des partenaires stratégiques, c’est-à-dire à des opérateurs internationaux qui ont une haute notoriété dans le secteur. Cela permettra à chaque Comorien actionnaire de contrôler effectivement la bonne gestion de son bien, de placer ses économies sur des investissements productifs et hautement rentables au lieu de les consacrer quasi-entièrement dans des secteurs à la rentabilité économique hasardeuse comme le Anda (le grand mariage), et de développer ainsi une logique durable et irréversible d’une entreprise qui s’enrichit, en enrichissant également et directement le public actionnaire. Cette logique aurait également un effet vertueux en libérant le personnel et la population du carcan politique qui veut que le recrutement ou le niveau de responsabilité dans une entreprise publique ne sont pas liés au mérite ou à la compétence, mais à la couleur supposée du candidat, ce qui a entraîné la politisation à outrance des entreprises avec son cortège de médiocrité dans les résultats de leur gestion.
Question : Pensez-vous que la privatisation préconisée par le gouvernement actuel n’est pas capable d’atteindre des objectifs positifs similaires ?
S-A.D. Bien sûr que non. Pour la simple raison que le processus que nous proposons devra, au-delà de sa base légale, associer étroitement le personnel de la société ainsi qu’un large spectre des forces économiques du secteur privé et de la diaspora, dans la définition des objectifs de la privatisation et même dans la prise d’actions dans la société. Je connais un grand nombre d’employés de cette société qui ont mis leur cœur et le meilleur d’eux-mêmes pour faire de cette société un bijou national enviable et envié. Il serait particulièrement injuste de les exclure d’un processus qui engage l’avenir de l’entreprise dans laquelle ils ont passé une grande partie de leur vie active. Les manifestations sans précédent du personnel de la société qui ont eu lieu la semaine dernière, les notables qui sont allés exprimer leurs inquiétudes au président de la République, l’absence de concertation des forces économiques organisées, celle des partis politiques ou d’experts reconnus, tous ces faits sont là pour prouver que les autorités voudraient prendre de court les forces vives du pays pour commettre une sorte de délit d’initié, en cédant des actifs de Comores Telecom à un opérateur clairement identifié avant même le lancement du processus.
Question : Dans ces conditions, quelles méthodes proposeriez-vous pour réussir la bonne privatisation de Comores Telecom?
S-A.D.Vous le savez bien, il ne s’agit pas d’inventer l’eau chaude. Les processus de privatisation selon des règles saines sont bien connus dans le monde et en Afrique depuis les années 80 du siècle dernier. Les Comores ont également connu des expériences réussies de privatisation et de société par actions : la BIC et les MECK constituent de bons exemples. Les privatisations ne sont ni un dogme ni une nouvelle religion. Vous le faites très bien à titre individuel, lorsque vous voulez vendre votre voiture personnelle, ou un terrain qui vous appartient. Vous mettez en valeur votre bien pour pouvoir le vendre au meilleur prix en recherchant une personne solvable et non le premier venu. Et lorsqu’il s’agit de vendre un bien familial, vous n’allez pas le brader sans le consentement des intéressés.
Question : Vous évoquez là, une approche individuelle. Qu’en est-il de la privatisation lorsque c’est l’Etat qui l’engage ?
S-A.D. Vous avez raison de le souligner, car lorsque c’est l’Etat qui initie un tel processus, il y a des contraintes supplémentaires beaucoup plus sévères. Elles consistent tout d’abord à se conformer strictement au cadre légal, à effectuer ensuite des études comparées pour évaluer le juste prix du bien à privatiser, à évaluer sur le long terme les conséquences économiques, financières, stratégiques et sociales, et d’insérer les bénéfices attendus dans une perspective budgétaire éclaircie, notamment par des tableaux d’opérations financières réalistes, et non de récupérer ces recettes pour les utiliser à la sauvette en vue d’assurer le fonctionnement quotidien de l’Etat etc. Dans ces conditions, chacun peut le constater : le processus engagé par le gouvernement actuel est loin d’être une privatisation au sens classique du terme. A moins que l’on veuille brader les biens publics comme en Russie, pour faciliter l’émergence de quelques oligarques locaux, déclarés ou déguisés.
Propos recueillis par El-Had Said Omar 030210/eso/hzkpresse/9h00 |
| Voir les commentaires (0) | Ajouter un commentaire |
|
|