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Le moment est venu pour nous de constater la détresse profonde et l’aspect dévasté de notre cher pays, les Comores où des valeurs élémentaires comme la démocratie,les droits de l’homme sont bafouées
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Le jeu malsain de Sambi et Moussa Toybou - 05/02/2010 à 22:11

 Toybou veut que Sambi reste en place jusqu'en 2013

Le jeu malsain de Sambi et Moussa Toybou



TRIBUNE LIBRE :

Les Comoriens viennent de découvrir que le chef de l'exécutif d'Anjouan est un clown, un personnage digne des bandes dessinées de Hergé. S'il a une certaine habileté à plaire à tout le monde en cachant son vrai visage (les présidents des îles l'ont appris à leurs dépens), il manque de logique dans son raisonnement. Voilà un homme qui veut que plus personne ne touche à son mandat, qui court jusqu'en 2013, mais qui reste favorable à la prolongation de celui de son mentor, Sambi. S'il s'en tient au maintien des mandats en cours (un choix défendable), pourquoi ne dit-il pas au chef de l'Etat de partir, dans ce cas, en mai 2010. seulement voilà, il veut préserver son beurre et celui de son père spirituel comme si la gestion d'un Etat était une affaire de copinage. Pourquoi Toybou et Sambi prennent les Comoriens pour des imbéciles au point de croire que l'avenir institutionnel de toute une nation peut se régler en un claquement de doigts, au coin du feu et dans l'appartement privé de Sambi, à Mutsamudu ?

Encore une fois, ce qui chagrine les patriotes comoriens, ceux attachés au processus de réconciliation national, c'est l'attitude des responsables politiques mohéliens qui ont un train de retard et qui acceptent, paradoxalement, d'être le dindon de cette farce toybo-sambienne pour des intérêts bassement matériels. Mohamed Ali Said, qui ne jure que par l'argent, a conclu un deal avec le pouvoir pour une tournante en 2011. Que rétorquera-t-il aujourd'hui à cette déclaration de son homologue anjouanais, qui fixe cette tournante en 2013 ? Puisqu'il a déjà accepté de jouer avec le diable, il lui reste peu de marge de manœuvre. Piégé ? Le mot est faible. Les vrais responsables politiques de Mohéli sont....ces femmes qui, à Fomboni la semaine dernière, ont opéré un sursaut de patriotisme pour exiger de Sambi que la tournante tourne.

Il n'est peut-être pas trop tard de mettre en garde le régime en place contre ce qui pourrait apparaitre comme une manœuvre anjouano- anjouanaise destinée à torpiller la tournante mohélienne. Hier, il s'était dit opposé à une harmonisation en 2010 parce que Moussa Toybou n'avait pas accepté (comme si la position de Toybou valait plus que l'intérêt général des Comoriens) ? Aujourd'hui, c'est ce dernier qui renvoie l'ascenseur. Un petit jeu malsain qui a un goût saumâtre, bien qu'il rencontre, à Ngazidja, l'adhésion de petits soldats de la Sambimania, mûs par une volonté de vengeance ou des intérêts particuliers.

Ces derniers temps, on nous a matraqués de chiffres, sortis de l'imagination fertile de certains thuriféraire du régime (je pense à ce fonctionnaire du FMI à Washington), pour vanter lla gestion saine du régime en place. Que n'a-t-on pas entendu ? Il a fallu la publication du rapport de la Banque centrale des Comores (BCC) pour clouer le bec de ces « auto-flagelatteurs » qui prennent leurs fantasmes pour des réalités. La vérité est que notre pays est au bord du gouffre, s'il n'est pas déjà dedans, et que les autorités nationales étalent leur incompétence (qui n'avait jusqu'ici échappé à personne). La gestion d'un pays est une chose assez compliquée. Après les beaux discours, il faut, un moment donné, passer aux actes. Permettez-moi de vous livrer quelques chiffres de ce rapport de la BCC, une institution assez respectable pour être accusée d'être anti-sambiste.

La croissance du Produit Intérieur Brut dégringole sui une courbe descendante au fil des années : 2,8 en 2005; 2,4 en 2006; 0,8 en 2007 et 0,2 en 2008. Pendant ce temps, le taux d'inflation croît : 3,2 en 2005; 3,4 en 2006; 4,5 en 2007 et 4,8 en 2008. « Quant aux échanges avec l'extérieur, c'est une véritable catastrophe nationale. Le rapprochement Importation/Exportation est affolant. En 2006 : 45 249/4 089. En 2007 : 49 716/4 912. En 2008 : 60 323 (+21%)/2 190 (-55%). Cela est-il supportable ? Le pays peut-il continuer sur une telle voie et jusqu'à quand ? » s'interroge Idriss Mohamed dans son blog.

Et de poursuivre : « S'agissant du maigre budget de l'Etat, le déficit moyen est de 12%, ce qui est intolérable : -4 065 en 2006, -5 383 en 2007 et -4 318 en 2008 (page 42). Et pourtant les recettes ont augmenté 29 533 en 2006, 32 578 en 2007 et 41 965 en 2008. Les dépenses de personnel sont excessives 22 165 en 2006, 23 896 en 2007 et 26 490 en 2008 ».

M. Idriss se pose deux questions simples : « Premièrement comment comprendre qu'avec des telles sommes dépensées, les fonctionnaires se plaignent de ne pas recevoir leurs salaires? S'agit-il simplement d'écritures comptables ? Deuxièmement, la croissance de la masse salariale (plus de 4 milliards en trois ans !!) révèle une irresponsabilité criante de ceux qui dirigent ce pays ».

Les chiffres ne mentent pas, contrairement aux responsables politiques. Il ne serait pas exagéré de dire que s'on achemine vers la faillite économique de l'Etat et la résurgence d'une crise politique sans précédent. Un peu de lucidité de la part de nos dirigeants pourrait nous épargner ce scénario-catastrophe. Sont-ils capables de ce sursaut ou persisteront-ils dans cette fuite en avant ? En tout cas, l'Histoire est, elle, impartiale. Elle ne retiendra pas que le cas de Mohamed Bacar et de ses acolytes. Et on attend de voir si Beit-salam pourra, demain, empêcher la roue de l'Histoire de tourner.

Soulé Mohamed Ali
Fonctionnaire comorien, Moroni
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Sambi continue les gris-gris - 05/02/2010 à 20:00

 

Sambi continue les gris-gris

Sambi continue les gris-gris
Nous publions ci-après, la traduction française de l'interview en comorien, que le Chef de l'Etat, SEM Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI, a accordé, le 4 février 2010, depuis Dar-Es-Salaam, à M. Ben Abdou Said de l'ORTC.

BEN ABDOU SAID Ortc : Monsieur le Président, nous souhaiterions connaitre le climat qui a prévalu lors du Sommet d'Addis-Abeba, notamment en ce qui concerne notre pays.

Le Président de la République : Merci. Au nom d'Allah, Clémen et Miséricordieux. Je commencerai d'abord par vous remercier, de me donner ainsi l'occasion, de commencer à vous parler du Sommet de l'Union Africaine avant même mon retour au pays, même si nous en parlerons plus longument après.

Ce qui s'est passé à Addis-Abeba c'est que, une fois encore, les Comores ont eu une grande victoire. Les Comores ont été citées en exemple par tous les chefs d'Etat présents, qui ont salué les efforts que le pays a fournis, pour sortir progressivement de la situation difficile dans laquelle il se trouvait.

Dieu merci, nous avons eu une grande victoire car, comme vous le savez, le drapeau de l'Union Africaine a été modifié et à notre demande, Mayotte y figure symboliquement, à l'instar des autres pays africains, alors que des pays comme la Réunion non membres de l'UA n'y figurent pas. Ainsi, les Comores avec leur quatrième île y figurent. Celà a fait l'objet d'un débat au sein des délégués des pays et ceci montre que l'UA a pris à deux mains, la question de Mayotte et a confirmé sa détermination à voir le retour de cette île dans l'enselmble comorien. C'est la meilleure réponse qui puisse être donné aux propos tenus à Mayotte par le Président français. En tout état de cause, c'est une victoire et un symbole pour les Comores, de voir Mayotte sur le drapeau de l'UA. Celà a une grande signification.

Dieu merci et comme vous le savez, notre pays va accueillir le 17 mars prochain, le Sommet de l'EASBRIG, alors que nous avons la présidence de cet organisme. C'était donc pour moi, une occasion en or, de rencontrer les Présidents de neuf pays membres qui étaient tous présents, mis à part Madagascar. Dieu merci, les entretiens se sont bien passés.

J'ai également rencontré d'autres chefs d'Etat non memebres de l'EASBRIG et tous se sont montrés satisfaits de la situation qui prévaut aujourd'hui aux Comores et nous en félicitent.

Vous avez pu éouter le discours que j'ai prononcé et pour lequel j'ai reçu de nombreuses félicitations en raison, notamment, des propositions que nous avons avancées.

BEN ABDOU SAID Ortc : Monsieur le Président, je voudrais savoir si vous vous êtes entretenus avec le nouveau Président de l'UA, notamment à propos de l'avenir des Comores.

Le Président de la République : Absolument. D'abord il a été le premier, à la fin de la Conférence à souhaiter notre entrevue, après sa conférence de presse. Il m'a ainsi reçu et nous avons parlé des Comores d'aujourd'hui et de demain.

A ce propos, vous me permettrez une parenthèse, après avoir entendu des propos ridicules. Dans notre pays il y a des gens qui aiment transformer les victoires en défaites. Certains ont donc déformés les faits. Je ne sais pas pourquoi, vous les journalistes, vous n'avez pas expliqué le rapport émis par la Commission de l'UA qui évoque les Comores. J'ai entendu dire que certains répandent des mensonges la-bas, sur les radios et les télévisions. Si vous permettez donc, pour ce qui des Comores, en attendant que vous puissiez le diffuser, de vous lire quelques passages de ce rapport pour refuter ses mensonges, notamment à propos du référendum que nous avons tenu au mois de mai et ce qui est attendu du Congrès. Certain avancent même que l'UA n'a pas reconnu le référendum mais tout ça n'est pas vrai.

Je vous lirai donc en Français le point 50 qui parle des Comores pour que les Comoriens puissent l'entendre je cite "Au cours des six mois écoulés, la Commission a poursuivi ses éfforts visant à consolider les progrès accomplis dans la promotion de la stabilité et la réconciliation aux Comores. Il s'est essentiellement agi d'encourager les parties comoriennes à privilégier une démarche consensuelle dans la mise en oeuvre des réformes institutionnelles introduites par la nouvelle constitution adoptée par référendumle 17 mai 2009. Ainsi que d'appuyer l'organisation des élections à l'Assemblée Nationale et aux Conseils des trois îles Autonomes" Donc, cela répond à ceux qui prétendent que l'Union Africaine n'était pas d'accord.

Je vous lirai également le point 53 : "les élections, qui ont eu lieu à la date nouvellement convenue ont vu la victoire des partis de la mouvance présidentielle. L'UA a dépêché une équipe d'observateurs pour suivre le déroulement du scrutin. Conformément à la réforme constitutionnelle du 17 mai, il est prévu que les organes législatifs de l'Union et des îles, réunis en congrès en janvier-février 2010, se prononcent sur l'harmonisation des élections des chefs des exécutifs de l'Union et des îles". Je ne vois donc pas ce qu'attendent les gens qui se prononcent la-bas. Parmi les choses qui nous ont valu des félicitations, c'est qu'aux Comores, les réformes ont suivi la légalité. Voilà, entre autres, l'essentiel de ce qui a été dit. Je vous citais seulement les passages concerant le climat qui a prévalu.

L'UA a donc soutenu les Comores et les a pris en bon exemple pour ce qui du processus engagé. Tous les Présidents attendent ainsi le Congrès que Dieu nous aidra à tenir en ce mois de février ; inchallah, pour que tout se passe dans la normalité.

BEN ABDOU SAID Ortc : Monsieur le Président, sans abuser de votre temps, vous vous trouvez en ce moment en Tanzanie. A quel niveau se situe notre coopération avec ce pays ?

Le Président de la République : Notre amitié et notre bon voisinage avec la Tanzanie se consolident. J'ai eu de longs entretiens à Addis-Abeba avec le Président Kikwete avec qui il était déjà convenu qu'à mon retour au pays, je ferai un escale ici pour le rencontrer à nouveau vendredi. Il a spécialement affreté un avion pour que je me rende demain à Mtwara. Le Gouvernement tanzanien souhaite en effet que j'aille rencontrer les responsables du gaz de Mtwara que nous souhaitons voir acheté à bon prix par les Comoriens et avoir également des discussions sur les importations de la viande et du bois de Mtwara. Bref, notre coopération avec la Tanzanie se porte encore mieux qu'avant.

Nous avons également parlé de la paix et de l'avenir des Comores. Bientôt les Tanzaniens vont ouvrir leur Ambassade et otroyer des visas long séjours, notamment aux étudiants. Dieu merci, la Tanzanie ne cesse de nous montrer leur affection de plus en plus nette pour notre pays.

Par ailleurs, même si la Tanzanie n'est pas membre de l'EASBRIG, j'ai demandé au Président tanzanien, de plaider auprès des Chefs d'Etat, notamment l'Ouganda et le Kenya, le Premier Ministre d'Ethiopie, le Président rwandais, que j'ai déjà rencontrés et qui tous nous donné l'assurance de leur venue. En tout état de cause, notre coopération avec la Tanzanie se porte bien. Je vous disais que le Président Kikweté a mis un avion à ma disposition pour aller à Mtwara avant de le rencontrer à nouveau vendredi, avec l'aide d'Allah le Très Haut.

BEN ABDOU SAID Ortc : Monsieur le Président, nous espérons qu'à votre retour, nous reviendrons sur le Sommet des Chefs d'Etat des membres de l'EASBRIG du 17 mai prochain dans notre pays et sur les détails du Sommet d'Addis-Abeba. Sur ce, nous vous remerciuons, Monsieur le Président de nous avoir accordé de votre temps depuis Dar-Es-Salaam pour répondre à nos question.

Le Président de la République : Je vous remercie et je vous demande, à vous journalistes, de suivre pas à pas ce qui se passe concernant le pays pour ne pas laisser la place à ceux qui aiment transformer les victoires en défaites, ni laisser libre cours au mensonge et pour que la vérité soit connue. Je vous remercie, vous, ainsi que tous les Comoriens.

Source: Beit-salam
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Azali remonte au front - 05/02/2010 à 19:57

 

Azali remonte au front

Azali remonte au front
Azali Assoumani, l'ancien Chef de l'Etat comorien

Le torchon brûle entre Assoumani Azali et Ahmed Abdallah Sambi, son successeur à la tête de l'Union des Comores. Muet depuis la fin de son mandat il y a près de quatre ans, le colonel est sorti de la réserve qu'il s'était lui-même imposée – « par devoir, par pudeur et parce que mon éducation me le dictait ». Lors d'une conférence de presse, le 12 janvier, il a estimé que l'intention à peine voilée de Sambi de prolonger son mandat sous prétexte d'harmoniser le calendrier de l'élection pourrait avoir des « conséquences fâcheuses » pour le pays.

Azali avait déjà fait part de ses critiques à Sambi en personne lorsqu'ils s'étaient rencontrés au palais présidentiel, le 6 janvier. « Je lui ai dit que la bonne foi affichée par le président de la République [...] ne doit pas être interprétée par les Comoriens comme étant une tricherie », avait-il indiqué à la fin de cet entretien.

Le 25 janvier, Azali est allé plus loin en rappelant, sur RFI, que le non-respect des accords de Fomboni – qui, en 2001, ont institué le principe d'une présidence tournante – entraînerait des « risques démesurés et très graves ». Plus qu'un énième coup d'État, Azali craint une nouvelle rébellion séparatiste à Mohéli, à qui doit échoir la présidence cette année. Se faisant plus polémique encore, il a implicitement critiqué le bilan de son successeur. « Ce qu'on n'a pas pu faire pendant quatre ans, je ne vois pas comment on pourra le faire en un an », a-t-il lâché.

Ces sorties ont provoqué la colère du camp Sambi. Le 23 janvier, Fouad Mhadji, le ministre de la Fonction publique, a rétorqué qu'Azali « n'a aucune leçon de démocratie à donner, car il n'est pas lui-même un démocrate », tandis qu'Idi Nadhoim, le vice-président, s'en prenait violemment au colonel. « Nous vous suivons de près ! » l'a-t-il averti. Ni la présidence tournante ni l'autonomie des îles ne sont aujourd'hui remises en cause, a-t-il poursuivi, avant de conclure que « plus démocrate que Sambi, ça n'existe pas ! »

L'opposition, elle, en doute fort. Après avoir été laminée en décembre dernier lors d'élections législatives contestées, elle est persuadée que Sambi cherche à s'éterniser au pouvoir. « C'est un dictateur en puissance, sur le modèle des pays arabes qui lui apportent son soutien », avait accusé Saïd Larifou, du parti Ridja, après le scrutin.

Pour une fois unie, l'opposition, à la tête de laquelle figure la Convention pour le renouveau des Comores (CRC, le parti d'Azali), a tenu un meeting commun à Mohéli, à la fin de janvier, et appelé la communauté internationale à réagir.

JeuneAfrique
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Toybou veut que Sambi reste en place jusqu'en... - 05/02/2010 à 19:54

 

Toybou veut que Sambi reste en place jusqu'en 2013

Toybou veut que Sambi reste en place jusqu'en 2013
Moussa Toybou, en porte-parole de Sambi qui manque cruellement de soutiens, vole au secours de celui qui a volé la victoire de Mohamed Djanffari. Prenant les Mohéliens pour de ..., il se contredit: élu pour 5 ans, il trouve « injuste de ramener son mandat à 2 ou 3 ans, alors qu'il est élu pour 5 ans » ! Et serait-t-il juste que Sambi élu pour 4 ans l'on proroge son mandat à 7 ans ? Ils sont vraiment malins ces deux, vous ne trouvez pas ?

A l'approche de la fameuse tournante censée passer le tour à un président mohélien [le mandat de l'actuel chef de l'Etat expire le 26 mai 2010, ndlr], et comme c'est le débat qui domine l'actualité nationale, plusieurs voix politiques se font entendre notamment celle du gouverneur d'Anjouan Moussa Toyibou, qui défend son mandat de cinq ans. Il vient de tenir un point de presse ce mercredi à Daru Nadja [siège du gouvernorat], axé sur trois points relatifs à l'économie, la crise sociale et l'harmonisation des mandats.

Pendant 1h 30mn, le gouverneur a répondu aux questions des médias nationaux présents à la conférence de presse. Il estime qu'en une année de pouvoir, il a réussi avec son gouvernement à corriger beaucoup d'injustices sociales héritées de l'époque du régime séparatisme, en citant les actions menées afin de rouvrir tous les postes de santé d'Anjouan qui avaient presque fermé leurs portes.

« J'ai avantagé la prévention dans mes projets, j'ai mis le paquet pour rouvrir ces centres de santé afin de donner accès aux soins à tous les anjouanais et pour payer les salaires des agents qui y travaillent, je me suis permis de les insérer comme s'ils faisaient partie du personnel de Daru Nadja ».

Le chef de l'exécutif de l'île, toujours dans le domaine de la santé, mettra à son actif le recrutement de médecins et infirmiers, et la rénovation des logements des médecins chinois installés à Anjouan, dont le financement était assuré par son propre gouvernement après le refus des autorités de l'union de débloquer les fonds nécessaires. Il a fait savoir que le pays subit de nombreux problèmes au quotidien, et surtout l'épineuse question des arriérés de salaires des fonctionnaires et les avancements revendiqués par le corps enseignant.

Mais en réponse, le gouverneur repose la question de savoir : « quel est ce président comorien ou décideur de l'Etat qui a pu à chaque fin du mois payer ses fonctionnaires et tous les deux ans leur accorder des avancements ?». Une bonne raison selon lui de « sortir de cet imbroglio », d'autant plus qu'à en croire M. Toybou, « nos fonctionnaires ne travaillent pas assez et ne sont pas efficaces, en termes de rentabilité à la fonction publique », et le gouverneur de déplorer « l'absentéisme constaté dans les bureaux », avant d'annoncer que « des mesures seront prises, mais nous devons aller petit à petit car les causes devront être connues avant toute sanction ».

Le gouverneur a attiré l'attention des enseignants en les prévenant que dans les jours à venir chacun prendra ses responsabilités pour que très vite les enfants retrouvent le chemin de l'école. Il accuse même les syndicats de perturber la bonne marche de l'administration. « C'est vrai, ce sont des défenseurs des droits des travailleurs mais ils manquent de formation. Ils ne savent même pas où sont les limites de leurs droits et devoirs et c'est tout le problème. Je serai prêt à les aider pour qu'ils puissent bénéficier des formations car nous sommes tous responsables de l'avenir de notre pays », assure-t-il. Et pour conclure sur la crise de l'enseignement, M. Toybou a averti que désormais celui qui fait un abandon de poste doit connaitre son sort, la perte de son salaire et le gel de sa carrière.

Au plan économie, le gouverneur affirme que tous les secteurs se trouvent bloqués et freinent en partie le développement du pays. Pour lui c'est une question qui relève directement des autorités centrales mais ce qui est sûr, le pays doit toujours attendre les aides extérieures pour s'en sortir, ce qui signifie selon lui que le seul moyen de vaincre la misère serait d'attirer des investisseurs étrangers.

Au niveau politique, le gouverneur Toybou se dit « très heureux de constater que le pays a renoué avec la stabilité et retrouvé la confiance de ses partenaires » depuis la libération de l'île d'Anjouan. Au sujet de l'harmonisation des mandats du président de l'union des Comores et des gouverneurs, aucun politicien digne de ce nom ne peut se réserver, dit-il. « Il ne s'agit donc pas de prolonger le mandat de qui ce soit, il s'agit au contraire de se mettre d'accord sur une date pour la tenue en même temps des élections du président de l'union et celle des gouverneurs des îles », explique-t-il.

Et au passage il fait un petit rappel historique des institutions, pour dire qu'il n'a jamais été question de réduire par consensus le mandat électif des élus encore en exercice, « il serait ainsi injuste de ramener mon mandat à moins de 2 ou 3 ou encore 4 ans, en sachant que j'ai été élu pour 5 ans et prêté serment sur la base d'un programme précis », lance le gouverneur d'Anjouan.

Il dit faire confiance à son peuple car c'est grâce à lui qu'il est là aujourd'hui, idée qu'il aurait avancée à ses collègues de Mohéli et Ngazidja, en déclarant que « se rallier à l'opposition n'est pas la meilleure solution ». A en croire le numéro un d'Anjouan, son collègue de Mohéli Mohamed Ali Said aurait compris contrairement à Abdouloihabi de Ngazidja qui a rejoint l'opposition, mais toujours selon Moussa « c'est son choix à lui ».

Naouir Eddine Papa Mwegne
050210/nep/hzkpresse
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A quand la fin de la grève? - 05/02/2010 à 19:51

 

A quand la fin de la grève?

A quand la fin de la grève?
Le président de l'assemblée nationale, Bourhane Hamidou, a reçu hier mardi 2 février, une délégation du Collectif des élèves et étudiants de l'enseignement public en présence d'autres députés. Les élèves et étudiants, dont le président de l'assemblée a présenté comme étant ses “fils et petits-fils” sont dans le désarroi suite à la grève illimitée déclenchée par les enseignants depuis près de deux semaines aujourd'hui.

Le président de l'assemblée, “très préoccupé par cette crise sociale”, a déjà rencontré les syndicats des enseignants la semaine dernière. “Nous voulons retrouver le chemin de l'école, nous revendiquons nos droits légitimes mais c'est au gouvernement de résoudre rapidement ce problème”, a déclaré à l'issue de la rencontre, le président du collectif, Mohamed Ahamada.

La deuxième personnalité de l'Etat a, quant à lui, “pris acte et compte œuvrer avec les parties concernées pour trouver une issue rapide à cette situation”. Il a promis “qu'avec la volonté de Dieu, le tout puissant, les enfants reprendront les cours dans les meilleurs délais”.

Par ailleurs, un étudiant de l'Université des Comores, originaire de Chouani dans le Hambou, membre du collectif en sit-in au Lycée de Moroni est tombé gravement malade hier et évacué aux urgences d'El-Marouf. Le personnel des urgences aurait refusé de le prendre en charge et de lui apporter les soins nécessaires, selon le collectif des étudiants finalement contraint de le ramener chez ses parents. Ces camarades n'avaient pas les moyens de lui payer les soins.

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