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Le moment est venu pour nous de constater la détresse profonde et l’aspect dévasté de notre cher pays, les Comores où des valeurs élémentaires comme la démocratie,les droits de l’homme sont bafouées
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TROIS JOURS APRES LE VOTE CONTROVERSE DU CONG... - 04/03/2010 à 21:41

 TROIS JOURS APRES LE VOTE CONTROVERSE DU CONGRES: LA SITUATION DEGENERE A MWALI

TROIS JOURS APRES LE VOTE CONTROVERSE DU CONGRES: LA SITUATION DEGENERE A MWALI

Trois jours après le vote controversé du Congrès :
La situation dégénère à Mwali…


Moroni, jeudi 4 mars 2010 (HZK-Presse) – Pourtant tout semblait bien commencer dans le début de la matinée de ce jeudi où seulement une voiture en mégaphone sillonnait la ville, pour appeler les gens à aller à Bandar es Salam « faire l’affaire ». Là bas, le diplomate José Francisco Madeira est attendu avec, selon un membre de l’opposition, certains membres du gouvernement de l’union, originaires de Mwali. « Koula Mwali wakweli leo !! narimouené » [les vraies mohéliens doivent se montrer aujourd’hui] c’est la chanson de la tournante du DJ Edemou dans une Renault 21, qui servait à monter l’adrénaline aux manifestants.

C’est aux environs de 11h lorsque devait atterrir l’avion d’Air service Comores que la situation s’est empirée. Toutes les artères de la capitale ainsi que la route qui mène à l’aéroport sont barricadées. Des pneus et voitures son brulés. Il est devenu impossible de joindre l’aéroport en voiture, les motos et bicyclettes passaient difficilement. Bien que des militaires sont déployés un peu partout, un groupe de femmes avec quelques hommes à leur cotés parvient à envahir l’aérodrome. L’hymne nationale du régime Ali Soilihi et des chansons de l’embargo de 1992 animaient la foule. L’avion atterri quelques minutes après mais sans Madeira ni autorités du pouvoir central. Seul le commandant de la gendarmerie Halidy Charif et quelques simples civils sont descendus de l’avion.

Le vice président Iklilou et le ministre Oukacha ont suivi le vol de Comores Island Airline de 14h, tandis que le ministre Fouad Mhadji, selon la rumeur, aurait suivi le même vol mais serait descendu à Anjouan. C’est alors que les choses deviennent sérieuses. Les manifestants affrontent les militaires, des femmes et des jeunes garçons sont baissés lors que ces autorités de l’union descendaient de l’avion.

Dans la capitale, la tension monte d’un cran. Toutes les boutiques sont spontanément fermées, aucune activité régulière dans la capitale n’est plus possible. « Tous les anjouanais doivent plier bagage on en a assez » lancent des manifestants en colère. Toutes les paillotes tenues pour la plupart par des vendeurs anjouanais au marché de Fomboni sont incendiées après que le lieu ait été déserté quelques minutes avant.


L’ambulance que le vice-président Ikililou avait fait don au CHR de Fomboni mais qui n’a jamais circulé à cause de son état vétuste a été emporté par les manifestants jusqu’à la route principale pour être brulée. L’incident le plus grave s’est produit à la pharmacie du même vice président Iklilou Dhoinine. Ici, la porte a été défoncée, tout a été brulé en quelques secondes. Des ordinateurs, des meubles et tous les médicaments sont carbonisés après être jetés dehors, pendant que les autorités de l’union se réunissent en conclave dans les locaux de la coordination du gouvernement central qui se situe entre Boingoma et Bandar es Salam, impossible de joindre la capitale.

Le commandant de la gendarmerie à sa descente de l’avion, prend la direction de Bonovo où il a eu un entretien de plus d’une heure de temps avec le chef de l’exécutif de l’ile Mohamed Ali Said, mais malgré l’insistance de La Gazette et HZK-Presse, aucune information n’a filtré de leurs entretiens.

En un mot, à l’heure où nous bouclions cet article, l’image de la capitale de l’ile de Djoumbé Fatima aujourd’hui rappelle étrangement les événements de l’année 1992 et même avec une ampleur plus inquiétante. On déplorait en fin de soirée 4 blessés et d’importants dégâts matériels. C’est une ville complètement en fumée et paralysée. « La fête ne fait que commencer » annonce un des manifestants que HZK-Presse a croisé dans la rue. Aucune personnalité politique ni du pouvoir ni de l’opposition n’a encore fait de déclaration sur cette nouvelle crise qui embrase Mwali, trois jours seulement après le vote par le Congrès de la loi qui a prorogé de 18 mois le mandat du chef de l’Etat.

Mouayad Salim
040310/ms/hzkpresse/18h00

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COMMUNIQUE - 04/03/2010 à 20:57

 

COMMUNIQUE

DJAANFAR SALIM ALLAOUI

COMMUNIQUE

DE MONSIEUR DJAANFAR SALIM ALLAOUI, VICE-PREMIER MINISTRE DU G.U.N.T, EX-MINISTRE DE L’INTERIEUR  DU GOUVERNEMENT DE L’ILE AUTONOME D’ANJOUAN

                                                                 Mayotte, le 03 mars 2010

 

Par la convocation d’un congrès discrétionnaire regroupant les députés de l’Union des Comores et  les Conseillers des îles – du moins ceux qui sont issus du pouvoir –, Sambi vient de franchir le Rubicon sur nos jeunes et fragiles institutions comoriennes  afin de se succéder à lui-même pour une période supplémentaire et combien élastique de 18 mois. Si on pouvait en rire, on en rirait mais la gravité de la situation est à son comble.

Les élus de Mohéli se sont tous abstenus de prendre part aux travaux parlementaires suivis dans leur élan républicain par les élus de l’opposition de N’gazidja.

En dehors de tout support juridique, Sambi a fait tenir le lundi 1er mars, une « messe », la  énième du genre et dont il a lui seul le secret, afin de s’attribuer une « légitimité » de faciès dans sa folle marche en avant pour se maintenir à tout prix au pouvoir.

Les Comoriens ont pris acte de cette escalade dangereuse préfigurant des lendemains  autrement plus sombres pour les pauvres Comores qui en ont vu de toutes les couleurs et qui, à coup sûr, n’en ont pas encore fini d’en baver.

Il convient, cependant, de rappeler, si besoin est, que, ni les statuts, ni le règlement intérieur régissant   le Parlement comorien,  ni l’Accord cadre de Fomboni du 17 février 2001, ni la Constitution comorienne du 23 novembre 2001, n’ont prévu dans leur contenu la tenue d’une telle session qui aurait pour but l’examen d’une matière relevant exclusivement de la souveraineté directe du peuple comorien.

Nulle par ailleurs dans les textes officiels n’existe aucune disposition  réglementaire autorisant de près ou de loin une telle atteinte au bon fonctionnement de nos institutions républicaines ; il faut reconnaître que Sambi n’en est pas à son premier coup de force.

Faut-il donc rappeler qu’en matière de révision constitutionnelle,  – le cheval de Troie  employé par Sambi en guise de procédé légaliste – il n’est pas permis de toucher tout article relatif aux domaines  hautement régaliens, à savoir  l’Unité Nationale, la Présidence Tournante et l’Autonomie des îÎes.

 

Cependant, contre vents et marées, le maître de Beit-salam reste inflexible quant à sa logique totalitaire qui consiste à saper en toute impunité l’ensemble du Processus de Réconciliation comorienne, en violation flagrante de :

1.   l’Accord-cadre de Fomboni du 17 février 2001

2.   la Constitution de l’Union des Comores du 23 novembre 2001

3.    lois  fondamentale des Îles  Autonomes de Moili, de Ndzouani et de N’gazidja.

4.   Accords sur les dispositions transitoires du 20 décembre 2003 à Beit-Salam

5.   Travaux de Paris 1 et Paris 2 sous l’égide de l’Organisation internationale de la francophonie  (O.I.F)

 

Enfin de compte, sous Sambi, les Comores, sont au bord du précipice de par l’irresponsabilité et l’incurie chroniques et viscérales de celui qui a fait croire à la face du monde entier qu’il est le rédempteur de la nation comorienne.

Comme je l’ai déjà dit un peu plus haut, si l’on pouvait en rire, on en rirait, mais voilà …  C’est loin d’être le cas, patriotisme oblige.

 

                                    DJAANFAR SALIM ALLAOUI

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LE SOMMET DE L'EASBRIG DANS LA TOURMENTE - 04/03/2010 à 19:29

 

LE SOMMET DE L'EASBRIG DANS LA TOURMENTE

Le sommet de l’Easbrig dans la tourmente

Les travaux préparatoires du sommet des chefs d’Etats des pays membres de l’Eastern african standbby brigad (Easbrig) ont débuté ce mercredi matin à Moroni dans l’incertitude et dans la tourmente. Les événements politiques de ces dernières quarante huit heures partout dans l’archipel suite à la loi controversée votée par les supporters de Sambi rallongeant son mandat de 18 mois, laissent entendre que ce sommet pourrait être perturbé.
Le premier sommet des chefs d’Etats de l’Afrique de l’est instituée par l’Union africaine pour le maintien de la paix, est présidé depuis sa création en 2008 pour un mandat de deux ans par les Comores, doit passer le témoin de la présidence à la République de Djibouti pour les deux prochaines années.


Mais la tension à Moheli fait encore réfléchir aux participants à ce sommet. Les pays membres accusent le pouvoir comorien de ne pas donner le bon exemple en matière de paix et c’est la panique à bord du navire Sambi.
Les participants à ce sommet craignent que la situation se détériore ce qui est certain et doivent se réunir pour prendre une décision. La rencontre de l’envoyé spécial de l’Union africaine aux Comores avec le président Abdouloihab et l’opposition, inquiète nos partenaires et la sonnette d’alarme est tirée. Mais Sambi n’entend pas reculer et pour ses proches, la prolongation est faite et tant pis pour la Communauté internationale.
Dans les rangs de l’armée nationale de développement, les yeux sont braqués à Beit Salam pour percevoir les 12 mois de salaire, une enveloppe que le président libyen aurait donnée à Sambi lors de sa participation au Maoulid nabaoui à Tripoli.

A Kandani, les avis divergent quant à cette enveloppe qui selon des militaires excédés par le mensonge de Sambi disent que l’argent se trouve dans son turban. Certains déclarent que c’est un cadeau empoisonné pour corrompre l’armée afin qu’elle ferme les yeux et laisser Sambi semer le désordre dans notre pays et valider son projet de président à vie. D’autres disent que c’est du mensonge mais l’argent serait prélevé dans les comptes de Comores Telecom pour corrompre l’armée. Et la question que les patriotes de l’armée se posent pourquoi aujourd’hui, pourquoi pas hier et pourquoi pas les autres ? Une question qui reste sans réponse mais qui monte d’écran au sein de l’armée.


La nomination d’un ancien bras droit de Bob Denard aux commandements de la FCD à Kandani, perturbe l’institution et tout craint. Marginalisé et isolé dans les grandes décisions de l’armée, le Général salimou s’est replié dans un silence inquiétant et soutenu par les hauts gradés de Ngazidja et Moheli, une situation voulue par Dossar et sambi, pour verser du sang sur le sol comorien.

Les conseillers de Sambi lui ont suggéré de ne pas verser les 12 mois de salaires, en attendant que l’armée s’engage par écrit et quitte même à prêter serment sur le coran de mater celles et ceux qui oseront s’opposer à la prolongation du mandat du président. Et surtout s’engager à finir avec ceux qui veulent perturber l’arrivée aux Comores des chefs d’états dans le cadre du sommet de l’Easbrig.

Mais ceux qui connaissent le goût très avancé de Sambi sur l’argent frais ont du mal à croire que ces pauvres militaires réduits en mendiants toucheront 12 mois de salaire. Et comme disait l’autre, qui vivra verra.
Dans le souci de préserver l’image de notre pays, connu pour son hospitalité à l’égard de nos hôtes, l’opinion comorienne exhorte les participants à ce sommet d’être prudents car Sambi ne nous a pas laissé le choix après son coup d’état constitutionnel qu’il vient d’opérer.

Maoulida Idjihadi (comores )
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DECLARATION :COLLECTIF POUR LA DEMOCRATIE AUX... - 04/03/2010 à 19:21

 

DECLARATION :COLLECTIF POUR LA DEMOCRATIE AUX COMORES

DECLARATION :COLLECTIF POUR LA DEMOCRATIE AUX COMORES
COLLECTIF POUR LA DEFENSE DE LA DEMOCRATIE AUX COMORES

DECLARATION

La décision du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi de faire prolonger de dix-huit (18) mois, par le Congrès, son mandat qui arrive à échéance le 26 mai 2010, est un coup de force porté contre l'Accord-cadre de Fomboni, la constitution de l'Union des Comores, les efforts consentis par la communauté internationale pour réconcilier le peuple comorien et contre l'esprit de consensus qui a toujours prévalu, depuis neuf ans, entre tous les acteurs politiques comoriens, pour préserver et consolider les acquis de cette réconciliation.

Pour toutes ces raisons, cette décision est contestable aussi bien sur la forme que sur le fond. Elle viole l'article 13 de la constitution du 23 décembre 2001 qui a fixé le principe de la présidence tournante entre les îles et la durée du mandat présidentiel à quatre (4) ans, avant que celle-ci ne soit modifiée à cinq (5) ans, le 17 mai 2009. Elle porte atteinte aux principes intangibles de l'autonomie des îles en écourtant, sans raison valable, la durée des mandats pour laquelle les Chefs des Exécutifs des îles ont été, souverainement, élus, par les électeurs de leurs îles respectives.

Elle transgresse l'esprit des articles 46 et 48, de la constitution rénovée de l'Union des Comores, lesquels posent effectivement le principe de la concomitance des élections du Président de l'Union des Comores et des Gouverneurs des îles, sans avoir autoriser, pour autant, une quelconque prolongation ou réduction des mandats électifs en cours des Chefs des exécutifs de l'Union et des Îles.

Dès lors, cette propositions de loi adoptée par le congrès est nul d'effet car il outre passe ses prérogatives le congrès n'étant pas habilité à proroger le mandat d'un président élu au suffrage universel direct nonobstant le constat du vide juridique laissé par la nouvelle constitution seule une table ronde est habilité à fixer les conditions de la transition au delà du 26 mai 2010. Il ya donc dans cette décision un acte de transgression délibéré des textes constitutionnel en vigueur d'une part une décision purement arbitraire d'autre part et enfin un acte de haute trahison envers le peuple comorien et particulièrement nos frères mohéliens traités avec mépris et arrogance par le pouvoir. De ce fait Il ne peut donc continuer à le représenter.

Par conséquent, devant le vide laissé par la trahison du président Sambi, le Collectif pour la Défense de la démocratie des Comores appelle à sa destitution et à sa traduction devant une Cour spéciale.

Le Collectif pour la défense de la Démocratie aux Comores appelle à la constitution immédiate d'un gouvernement de transition, comprenant des représentants de toutes les forces vives de la Nation, pour une période de 6 mois. Sa mission sera de créer les conditions optimales pour l'organisation d'une élection libre et transparente afin de sauver l'unité nationale et l'intégrité de notre territoire.

Le Collectif pour la Défense de la Démocratie aux Comores exhorte toutes les parties prenantes à l'Accord-cadre de Fomboni, y compris les représentants de la communauté internationale, à se réunir de toute urgence, dans le cadre du Comité de suivi, pour examiner les voies et moyens de sauver la réconciliation du peuple comorien aujourd'hui compromise.

Fait à Paris, le 4 mars 2010
La présidente Mme AMINA HASSANALY

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INTERVIEW: LE MAINTIEN DE SAMBI AU POUVOIR A... - 04/03/2010 à 19:15

 

INTERVIEW: LE MAINTIEN DE SAMBI AU POUVOIR APRES LE 26 MAI 2010 N'EST PAS TOLERABLE

INTERVIEW: LE MAINTIEN DE SAMBI AU POUVOIR APRES LE 26 MAI 2010 N'EST PAS TOLERABLE
Interview de la semaine / Me Said Larifou :
« Le maintien de Sambi au pouvoir après le 26 mai 2010 n’est pas tolérable »


Moroni, jeudi 4 mars 2010 (HZK-Presse) – Dans une longue interview qu’il a accordée à La Gazette et HZK-Presse, l’avocat Said Larifou, qui défend les intérêts d’une dizaine de familles des victimes du crash de l’A310 de Yemenia, met directement en cause la compagnie yéménite pour refus de communiquer certains documents essentiels à la manifestation de la vérité sur les circonstances de l’accident et les niveaux de responsabilité. Etant aussi le Secrétaire national de la « Convergence Nationale pour mai 2010 » [coalitions des partis d’opposition et des exécutifs de Ngazidja et Mwali], Me Larifou qualifie d’intolérable « le maintien de Sambi au pouvoir au delà du 26 mai 2010 », qu’il assimile à un « coup d’Etat constitutionnel ».

Question : Pouvez vous nous parler des réunions qui ont lieu entre les familles des victimes du crash de l’A310 de Yemenia et les juges français en charge du dossier dont vous avez pris part ?

Me Said Larifou : Il s'agit d'une initiative des juges d'instruction français chargés de l'instruction sur le crash qui ont bien voulu à travers ces réunions d'information livrer aux familles des victimes l'état des procédures techniques confiées à la commission technique dirigée par les autorités comoriennes et les éléments en leur possession dans le cadre de la procédure judiciaire ouverte en France. Ces réunions sont nécessaires et courantes dans ce type de dossier afin de permettre aux familles des victimes de recueillir des vraies réponses aux questions liées à l'accident et à l'évolution des enquêtes techniques et judiciaires et aux responsabilités.

Question : Comment se sont déroulées les deux réunions de Marseille et de Paris ?

Me S.L. : Ces réunions ont été une nouvelle fois l'occasion pour les familles des victimes de faire preuve à la fois de dignité et de fermeté dans leur quête de la vérité. Par les questions posées par elles, les familles tiennent et exigent que la vérité soit dite et que les responsabilités soient clairement établies.

Question : Qu’est-ce qui a été dit ?

Me S.L. : Les juges ainsi que les gendarmes et les enquêteurs chargés de ce dossier ont été interpellés sur des questions liées à la fiabilité de l'avion, au niveau du personnel navigant, sur les raisons qui ont amené les autorités françaises à émettre des réserves sur l'appareil accidenté. Des questions également sur le rôle du tour de contrôle des Comores et sur l'absence le jour de l'accident des moyens de sauvetage nautique adéquats. Les enquêteurs et techniciens ont donné aux familles des précisions sur les moyens utilisés pour la récupération et l'identification des corps. Les familles ont clairement fait savoir leur réticence sur la volonté des autorités judiciaires et politiques à vouloir mener l'enquête en toute objectivité. L'éviction du directeur de l'enquête technique et du juge en charge de ce dossier au tribunal de Moroni en est l'illustration.

Question : Où en est-on de l’évolution de cette affaire ?

Me S.L. : Contrairement à certains de mes confrères constitués par certaines familles, je pense personnellement que les intérêts puissants et en conflits dans ce dossier peuvent compromettre la manifestation des vérités et que la diffusion des éléments partiels me semble de nature à orienter les conclusions définitives, parler avec insistance par le truchement des canaux officieux de l'erreur humaine. Le fait que Yemenia n'a pas encore communiqué aux autorités françaises des éléments décisifs sur l'état de l'avion et le plan de formation de son personnel est inquiétant pour la suite. Nous devons intensifier notre vigilance sachant que les autorités yéménites ne font rien pour faciliter la tâche des enquêteurs. Leur attitude qui consiste à retarder voire à refuser à communiquer les éléments importants pour établir la vérité sur cet accident est intolérable. Malgré les demandes réitérées, elles refusent de communiquer les contrats d'assurance. Sans ces documents il me semble difficile de parler d'indemnisation, cette compagnie ne peut publiquement dire vouloir indemniser les familles et s'opposer à communiquer les contrats de location de l'avion et les contrats d'assurance. Faute de cela, j'entends saisir l'organisation internationale de l'avion civile d'une plainte contre Yemenia en ce sens que cette compagnie avec la complicité des autorités comoriennes entende reprendre ses vols sur Moroni.

Question : Dernièrement, selon des sources auprès de l’opposition comorienne, vous aurez effectué une visite au siège de l’Union africaine où vous rencontrez des responsables du comité paix et sécurité de cette organisation panafricaine. Qu’elle était l’objet de cette visite ?

Me S.L. : Il semblait important à l'opposition nationale, après avoir réussi à mobiliser les Comoriens sur les crises institutionnelles et politiques à venir dans l'hypothèse probable de prolongation du mandat de Sambi par le congres, il était important de mener une campagne d'explication et de sensibilisation auprès des pays de la zone et à l'Union africaine à Addis-Abeba. J'ai pu m'entretenir avec le directeur du département paix et sécurité ou prévention des conflits. Il me semble avoir réussi à donner à ceux qui sont chargés du dossier Comores des éléments à la fois politiques, économiques et juridiques de nature à contribuer à la recherche d’une solution à ce coup d'Etat rampant perpétré par Sambi. J'écris à tous les ambassadeurs africains accrédités à l'union africaine sur les conséquences sur la paix en cas de passage en force par Sambi. Je me suis entretenu avec certains ambassadeurs qui m'ont donné leur accord de principe de participer à une conférence à Addis-Abeba sur le coup d'Etat de Sambi et la recherche d'une solution de sortie de crise. Des partis politiques et la diaspora établie en Afrique et en France seraient disposés à y prendre part. Il est intolérable que celui qui a réussi à mobiliser la communauté internationale pour déloger militairement Mohamed Bacar nous contraint à faire la même demande pour le déloger pour avoir comme Mohamed Bacar refusé de quitter le pouvoir au terme de son mandat le 26 mai2010.

Question : Quelle sera votre réaction dans le cas probable d’une prolongation du mandat du président Sambi par le congrès des élus ?

Me S.L. : La décision du congrès de prolonger le mandat de Sambi ne lie pas les comoriens comme la farce de Mohamed Bacar n'avait aucune valeur et qu'après le refus de la main tendue offerte par la communauté internationale il fut délogé militairement. Nous pensons pouvoir mobiliser la population pour faire prendre conscience à Sambi qu'il est de son intérêt et celui du pays et de la population qui lui a tant donné en amour et en confiance de partir la tête haute et par la grande porte. Il est jeune et ambitieux et de ce fait, il aura la latitude de revenir au pouvoir démocratiquement.

Question : quelle lecture faites des récents événements du Niger ?

Me S.L. : Ce qui s'est passé au Niger est l'exemple immédiat et récent de la réponse légitime que le peuple pourrait donner aux dirigeants tentés de modifier les constitutions pour se maintenir au pouvoir. Nous ne tolèrerons pas le maintien de Sambi au pouvoir au delà du 26 mai 2010. Les réformes en cours statut de l'armée et le démembrement de l'And sont inquiétantes. Cela n'est pas une preuve rassurante d'un président qui entend quitter le pouvoir. Au contraire cela traduit une volonté de verrouiller l'armée après avoir réussi à mettre la cour constitutionnelle dans son sac. Tout cela intervient dans un contexte de répression et de harcèlement exercés sur l'opposition. Incontestablement, l'ensemble de l'archipel se retrouve dans le même contexte de privation des libertés qu'à Anjouan au temps de Bacar. C'est pourquoi une plainte contre Sambi est envisageable.

Propos recueillis par S.A.
040310/sa/hzkpresse/6h00
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