Ces revelations qui font mal
Le mercredi 30 juin, la télévision CRTV du parti Ridja a diffusé une longue interview du Chef de l'exécutif de Ngazidja. Ce dernier a dévoilé aux téléspectateurs les coulisses des transactions qui ont abouti à la signature de l'accord pour la gestion de la période intérimaire. Ainsi l'on apprend que la communauté internationale a refusé toute modification du draft de l'accord « même la correction les fautes de français ». C'était á prendre ou à laisser. Le chef de l'exécutif de Ngazidja a avoué que ses propositions visant á améliorer le document ont été purement rejetées. En outre, c'est l'envoyé spécial de l'Union Africaine qui a écrit au Chef de l'exécutif de Ngazidja pour solliciter le choix de son ministre ainsi que des membres du Comité de Suivi. Ces déclarations dépassent l'entendement.
Les accords de Fomboni du 17 février 2001 et les accords de Beit Salam de décembre 2003 élaborés avec l'appui de la communauté internationale pour résoudre les conflits de l'époque ont toujours été rédigés avec la contribution de toutes les parties prenantes au conflit. L'on se rappelle des nuits blanches passées par les rédacteurs de ces documents. Ce n'est pas la communauté internationale en soi qui est critiquée, c'est un faux procès, c'est la méthodologie et l'approche employée cette fois ci par l'envoyé spécial de l'Union Africaine, qui choquent. Faut il rappeler que le protocole relatif á la création du Conseil de paix et de sécurité de de l'Union Africaine du 9 juillet 2002, stipule que le Conseil de paix et de sécurité est guidé par les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l'homme notamment le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des Etats membres. La souveraineté de ce pays a été bafouée. Les accords de règlement des conflits dans ce pays et l'intervention des forces étrangères ont toujours été initiés par nos autorités avec l'appui de la communauté internationale.
La Mission de l'Union Africaine pour le Soutien aux Elections aux Comores ( AMISEC) est intervenue aux Comores, car l'ancien président Azali a formulé la demande. En effet, il avait adressé une requête le 11 octobre 2005 au Président de la Commission de l'Union Africaine (UA) pour solliciter la sécurisation du processus électoral et un accompagnement technique, logistique et financier en vue de la tenue d'élection crédible, régulière et transparente. Dans cette requête, l' ancien Président de l'Union des Comores avait indiqué que le contexte politique qui prévalait à Anjouan, où devaient se dérouler les primaires de l'élection présidentielle, était encore particulier et appelle à la vigilance de tous. Il a ajouté que l'Union des Comores n'était pas en mesure de garantir le bon déroulement de l'élection présidentielle à Anjouan. Comte tenu de cet état de fait, il a demandé á l'Union Africaine, conjointement avec l'Organisation des Nations Unies et la Communauté internationale, de s'occuper de façon exclusive du processus électoral.
Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine, lors de sa 47 ème réunion du 21 mars 2006 a pris note de cette requête et a autorisé le déploiement jusqu'au 9 juin 2006, sous la responsabilité globale d'un représentant spécial du Président de la Commission d'une mission de l'Union Africaine pour le soutien aux élections aux Comores. Le conseil a défini le mandat de cette force de sécurisation qui est notamment « d'observer et de superviser le déroulement du processus électoral, contribuer á créer un environnement sécuritaire stable avant, pendant et après la conclusion du processus électoral et vérifier que pendant la période électorale, les forces de sécurité comorienne, aussi bien celles de l'Union que celles des îles autonomes, ne sont pas impliqués dans les processus électoral ».
C'est toujours à la demande du Gouvernement comorien que l'Union Africaine a décidé l'envoi d'une mission d'assistance électorale et sécuritaire aux Comores (MAES) en 2007. Le Conseil de Paix et de sécurité (CPS) de l'UA a décidé le 9 mai 2007à Durban (Afrique du Sud) l'envoi de cette mission qui devra assister les forces comoriennes de sécurité en vue de créer un environnement sécurité et stable permettant d'élections libres, justes et transparentes pour les présidents des îles. Lors de la 10ème session ordinaire de la Conférence de l'Union Africaine, le Président Sambi avait sollicité le soutien des Etats membres aux efforts de son pays visant à restaurer, de manière durable, l'autorité de l'Etat comorien dans l'Ile d'Anjouan, et a annoncé la détermination de son Gouvernement à user, à cet effet, de tous les moyens à sa disposition, y compris la force, à la suite de l'échec de toutes les tentatives de règlement pacifique de la crise anjouanaise.
Dans sa décision sur la situation aux Comores, la Conférence a notamment demandé à tous les Etats membres en mesure de le faire d'apporter tout l'appui nécessaire au Gouvernement comorien dans ses efforts visant à rétablir au plus vite l'autorité de l'Union à Anjouan et à mettre un terme à la crise née du refus persistant des autorités illégales d'Anjouan de respecter les textes pertinents régissant le fonctionnement de l'Union des Comores.
A cet égard, la Conférence a demandé au Conseil et à la Commission de mobiliser l'assistance des Etats membres pour l'Union des Comores. Dans le prolongement de la décision de la Conférence, le Président du Conseil exécutif, l'Honorable Bernard K. Membe, Ministre des Affaires étrangères de la République unie de Tanzanie, a pris l'initiative de réunir à Addis Abéba, le 20 février 2008, les Ministres des Affaires étrangères et de la Défense ainsi que d'autres hauts responsables des pays ayant exprimé leur disposition à répondre positivement à la demande d'assistance formulée par le Président de l'Union des Comores. Il s'agit, outre
la Tanzanie, de la Libye, du Sénégal et du Soudan. Le Gouvernement de l'Union desComores était également représentée à cette réunion.
Ainsi comme vous pouvez le constater, le règlement des conflits dans ce pays a toujours impliqué les autorités de notre pays. Jamais un accord signé dans ce pays n'a tellement été critiqué par ses propres signataires et violé les principales fondamentales qui régissent ce pays. L'accord a fait fit de notre constitution et de l'arrêt de la Cour Constitutionnelle.
Pour que ce pays soit respecté, il est temps que nos responsables politiques dépassent leur ego et leurs calculs politiciens pour défendre enfin les intérêts et l'image de ce pays. Au grand jamais, aucune puissance étrangère ne le fera á notre place.