logo
Vous êtes hors ligne   Me connecter Créer mon blog Mes Messages
ntryngui

Le moment est venu pour nous de constater la détresse profonde et l’aspect dévasté de notre cher pays, les Comores où des valeurs élémentaires comme la démocratie,les droits de l’homme sont bafouées
espace Ajouter au favoris
ounsi

 

avatar

 

Noter le blog

Anciens articles
Lun Mar Mer  Jeu Ven Sam Dim
12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930
<< Septembre >>
Liens favoris

Aucun lien enregistré


Galerie
Aucune image

FINIRONS-NOUS TOUS COMME MAYOTTE ? - 01/05/2009 à 12:46
 

FINIRONS-NOUS TOUS COMME MAYOTTE ?

FINIRONS-NOUS TOUS COMME MAYOTTE ?
Par Valentin Mbougueng

Référendum.Craignez ce mot ! C'est très démocratique, dit-on. C'est même la démocratie directe, enseignent les juristes. Seulement, il est dangereux pour le futur de l'Afrique. Tout indique que c'est en effet par le truchement du référendum que le serpent de la colonisation entrera à nouveau dans la maison Afrique. Le premier acte de cette stratégie de la recolonisation de l'Afrique s'est joué le 29 mars dernier à Mayotte. Cette île, qui compose avec la Grande Comore,Anjouan et Mohéli (et quelques îlots) l'archipel des Comores, a été «victime » d'un référendum organisé par la France. Appelés à se prononcer sur la question suivante : « Approuvez-vous la transformation de Mayotte en collectivité unique appelée département, régie par l'article 73 de la Constitution, exerçant les compétences dévolues aux départements et régions ? », les braves Mahorais ont répondu massivement oui. Mayotte a ainsi consacré son refus de l'indépendance et sa soumission totale à la France, dont elle sera, à compter de 2011,le 101 e département et le cinquième département français d'Outre mer(Dom). Il s'agit donc, en l'occurrence, d'une victime consentante, si l'on se fie au formalisme démocratique mis en oeuvre pour cette opération de rapt. Car, il s'agit bien d'un coup fourré. Si l'Allemagne nazie s'était rendue célèbre avec son concept de blietzkrieg (guerre éclair), la France apporte à la civilisation une géniale trouvaille :le référendum en catimini. Tout a été fait de façon démocratique. La preuve, les associations de défense de la démocratie et des droits de l'homme, qu'on a coutume d'entendre sur tout et rien, n'ont rien trouvé à redire. Confiance totale en l'autorité du coin installée par la puissance occupante française. Partis politiques, associations,syndicats, tous étaient d'accord pour dire oui. Dans les médias, il n'yavait place que pour le oui. C'était antidémocratique de murmurer non.D'ailleurs, qui l'aurait répercuté ? En métropole, les grands démocrates avaient décrété un « circulez y a rien à voir . C'est une affaire des seuls Mahorais . » La France, qui occupe cette île en dépitd'une vingtaine de résolutions des Nations unies rattachant Mayotte aux Comores, a aidé matériellement, psychologiquement les Mahorais à dire oui à la sécession avec les Comores. Aux quelques voix éparses qui sesont inquiétées de cette départementalisation, les bien-pensants français ont répondu invariablement que les Mahorais étaient assez majeurs et intelligents pour savoir où se trouvaient leurs intérêts.Ces intérêts, parlons-en. Les Mahorais n'aiment pas entendre dire qu'ils auraient voté oui à la dépendance envers la France juste pour bénéficier des aides sociales, du revenu minimum d'insertion, de la Sécurité sociale, etc. bref, il se serait agi d'un oui alimentaire.Après tout, il faut bien manger quelque chose, et ce ne sont pas ces voisins misérables d'Anjouan qui pourraient leur fournir le pain.Mayotte a donc fui la pauvreté des Africains dans l'espoir de goûter àl a richesse du colon français qui racheta jadis le territoire à un sultan affairiste pour une rente de 5 000 par an. Sékou Touré disait préférer la liberté dans la pauvreté à l'abondance dans l'esclavage ?Les habitants de Mayotte ne se reconnaissent guère dans cette philosophie. C'est donc à cause de la pauvreté de l'Afrique que Mayotte a choisi « volontairement » de tourner le dos au continent et rester esclave de la puissance coloniale. Il se dit aussi que c'est égalementen raison de l'instabilité permanente des Comores – à l'image d'une bonne partie de l'Afrique – que les Mahorais ont choisi un tout autre destin. Or que faire, quand un peuple décide de se mettre des chaînes aux pieds ? Doit-on, peut-on faire le bonheur d'un peuple contre son gré ? Tous les hommes cherchent le bonheur, même ceux qui vont se pendre, professait Pascal. Les Mahorais qui se sont enchaînés à la France cherchent donc le bonheur, et en sont même contents. Tant mieux pour eux. En tout cas, il faut espérer pour eux qu'ils n'ont pas pris des vessies pour des lanternes. Car, souvent, en croyant fuir le malheur de façon indigne, on en rencontre pire. Que les Mahorais choisissent un statut que les autres Dom rejettent n'est pas bon signe pour Mayotte. Il se peut que, dans vingt ans, trente ans, peut-être moins, ils se rendent compte que les promesses de la France n'étaient que mirage et abandonnent ce statut de privilégiés par rapport aux voisins, mais de sous-Français traités avec mépris par les « vrais »Français de métropole. Il n'y a toutefois pas lieu d'abandonner Mayotte à son sort. Car c'est l'avenir de l'Afrique qui est en jeu. La France a amplement profité, encouragé, voire suscité et financé des actions de déstabilisation des Comores pendant plus de cinq décennies,ce qui a eu pour conséquences de créer le chaos et de paupériser les habitants de l'archipel. Pendant que Bob Denard était actionné pour ces basses besognes, les Français installés depuis le XIX e siècle à Mayotte organisaient la séparation de l'île d'avec ses voisins, y injectant des aides financières diverses qui ont rendu l'endroit plus paisible et moins pauvre qu'alentour. Du coup, les Comoriens fuyant la misère se sont rués à Mayotte, jusqu'à ce que le visa « Balladur » soit mis en place en 1995 pour faire des autres Comoriens des clandestins à Mayotte. Nous risquons tous, en bien des endroits en Afrique, de finir comme Mayotte : départementalisés ! On crée et on entretient le désordre dans nos territoires, puis on crée une enclave où il fait mieux vivre, puis on y organise un référendum pour savoir si les populations veulent continuer à vivre ce bonheur ou finir misérables comme les voisins. Après les entreprises de «somalisation « des États africains, voici venue l'ère de la «mayottisation ». Gare aux îles du Cap- Vert que l'Europe et l'Otan lorgnent. Gare au golfe de Guinée où de mystérieux groupes veulent s'approprier des territoires. Gare aux îles Bijagos, au large de Bissau, où les narco trafiquants sud américains dictent leurs lois et sont acclamés par les occupants qui leur versent quelques narco dollars... Le 29 mars, jour de « bonheur » pour les Mahorais, jour de deuil pour l'Afrique amputée d'un morceau de son territoire, dans l'indifférence quasi générale. La France a achevé, sans tirer le moindre coup de feu, le travail de sape de Bob Denard.
Honte à nous.


Source : afrique-asie.fr/

Voir les commentaires (0) | Ajouter un commentaire
Player radio
Sélectionnez une radio dans la liste déroulante.
Statistiques

Visiteurs aujourd'hui : 20

Visiteurs ce mois-ci: 991

Nombre d'articles: 1306

Nb de commentaires : 212

Nombre de votes : 502

Rechercher
Musique

<
Conditions générales | Actualités - blog - Emoticone - Video - Jeux gratuits - video xxl - xxl 18 - -  | © Tous droits réservés à Future.fr - Contact - Page générée en : 0.2232 secondes avec 26 requêtes SQL