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La milice du directeur des douanes qui fait le chaud et le froid dans la capitale inquiète tout le monde et au premier plan l'opposition.Le chef d'Etat major de l'armée aurait pris une décision pour interdire cette bande ,mais cela n'a pas suffit aux partis d'oppositions de monter au créneau.Dans une conférence de presse hier mardi,le tout nouveau porte -parole de l'opposition dans son baptême de feu ,déplore que"des gens prennent de l'argent qui ne leur appartient pas pour corrompre des jeunes et les pousser mettre le désordre dans la capitale".Le président de la convergence pour mai 2010,pour dénoncer cette nouvelle pratique introduite avec le puissant KIKI de la république ,l'opposition a déplacé les gros moyens.
A part le nouveau visage du porte parole,la convergence a déployé des religieux,des notables et bien sûr sa tribune politique pour s'attaquer à ce comportement qui aurait eu l'aval du chef de la gendarmerie. "Les milices ont détruit beaucoup de pays dans le monde.
Cette pratique est née en IRAN et elle n'est possible que dans les pays qui ont des chiites.Prenez l'exemple du LIBAN où chaque quartier à sa milice.",accule le président des oulémas de NGAZIDJA très remonté contre le gouvernement et le président SAMBI qu'il accuse "d'avoir reçu ces milices à Beit-Salam ".
Dans cette rencontre avec la presse,la très controversée et divisée notabilité de Ngazidja a pris part.Dans son intervention ,le vieux MZE MWIGNI assure que "MORONI signifie bien être mais ce n'est pas le cas dans la pratique.Une bande de délinquants est venue constituer une milice qui ne fait que salir l'image de la capitale".Ce célèbre notable de FOUMBOUNI conclut en lançant"un appel aux notables de MORONI pour mettre fin rapidement à cette situation". Le chef de fil de la mouvance Orange est pris à partie dans cette conférence.SITTY SAID HASSANE qui présente les femme de la grande île déclare que"KIKI avait donné de l'argent à des élèves pour dénoncer leur camarade à la police lors de la manifestation contre la grève des enseignants".
Cette femme militante indique devant les journalistes que "les noms et adresses de ces milices sont connus au cas où...". Dans une longue intervention ,les opposants n'ont pas manqué d'arguments pour dénoncer cette pratique .L'argentier de l'île de Ngazidja estime que" c'est une victoire le fait que les forces loyales de l'Etat ne suffisent pas mais qu'on déploie encore une milice". KAMAR EZAMANE finit par annoncer que"ces milices ne vont pas changer leurs habitudes car ils n'ont pas peur d'elles".Cette milice a été révélée pendant la marche des élèves dans la capitale.Ils ont accompagné les gendarmes pour traquer les manifestants.Ils ont aussi surgi à la préfecture pour ouvrir de force les portes de cette institution où le personnel est en grève depuis plus de deux semaines.
Le chef d'Etat major de l'armée nationale a même mis en garde les différents corps de son institution et la police nationale,contre l'usage de ces milices qui pourrait détourner l'armée de ses"missions républicaines",peut-on lire dans la note du Général SALIMOU ,dont la gazette s'est procurée une copie.
La Gazette
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 Dembeni a lancé le coup d'envoi ce lundi 08 mars.
Ils étaient tous là ; hommes et femmes militants pour la Tournante de Mohéli. Le Gouvernement de Ngazidja, le bureau et les membres de la Convergence pour mai 2010, le bureau des notables, le haut cercle des Ulémas, des Elus du Conseil de l'Ile de Ngazidja, la Commission Directrice des Femmes de Ngazidja, le Comité Mohélien à Ngazidja, les membres du bureau de l'Association des Etudiants pour l'Unité Nationale et des nombreux autres participants avec ou sans étiquettes ont fait acte de présence très engagé dans le grand meeting de lancement ce lundi 08 mars 2010 à partir de 16H. La Région de Ngwengwé était particulièrement mobilisée. Plus de 1800 personnes étaient amassées au Foyer de les Acouts de Dembeni dans le Badjini Ouest.
Dembeni est le téméraire, le vaillant ; c'est cette ville de la région de Badjini qui s'est distinguée ces derniers temps par l'élection à un pourcentage écrasant de Me Mzimba comme seul député de l'opposition à Ngazidja. La ville mérite le coup d'envoi de la résistance dira Mzé Mouigni Abdallah, leader des notables. Il a loué les qualités de démocrate du Colonel –Président Azali Assoumani dans sa façon de gérer en son temps le pays, contrairement aux nouvelles pratiques inaugurées par son successeur le Président Sambi, avant de prier se dernier de quitter le navire le 26 mai 2010 en ces termes ;''karadhi bo mnyawe'', quand on a échoué, il faut savoir accepter et se préparer pour d'autres épreuves.
Allah Akbar, Allah Akbar, tonnera le théologien Dr Abdulhakim qui parlait au nom des Ulémas. Dieu nous a imposé d'ordonner le bien et de défendre le mal. Un vrai musulman est celui qui respecte les conventions : depuis 2001, le pays a convenu de gérer 4 ans, Ile par Ile. Ce ne sera ni une ordonnance, ni un décret, encore moins un congrès qui déréglera cela ; seules les urnes sont appropriées. Vous n'avez pu rien faire M. le Président, mais ne vous inquiétez pas, un autre Mohélien le fera à votre place au nom de la continuité de l'Etat. La Sourate ''Al ahzab'' lue à l'occasion de votre investiture, sera relue le 26 mai 2010 pour l'investiture du Président issu de l'Ile de Mohéli.
A Mma Ardy, présidente du mouvement des Femmes de Ngazidja de rappeler la connotation des dates des 7 et 8 mars dans notre pays : que de la tristesse !!! En 1987, assassinat de soldats et militants de ce pays par le régime des mercenaires ; en 2004 naufrage catastrophique du Samson avec toutes les pertes humaines que cela a engendré ...
Au nom des femmes qu'elle représente, elle défie les hommes et leur invite a se préparer pour observer le deuil chacun pour sa femme, sa sœur ou sa mère après le 26 mai 2010, dans le cas où Sambi se maintient au pouvoir, car selon elle, les femmes s'érigeront coûte que coûte en rempart contre ce Coup d'Etat.
Said Ali Kemal, Président de la Convergence pour mai 2010, n'est pas passé par quatre chemins avec son ton très ferme : '' nous sommes tous unis pour que le 26 mai 2010, un Mohélien s'installe officiellement au Palais de Beit Salam. Le Président Sambi ; veut tricher, veut voler et veut tuer notre Nation. Le Président Sambi sera alors un tricheur, un voleur et un assassin ; nous ne le laisserons pas faire, bien qu'il soit un grand féticheur''.
Et au public ensuite de se lever pour danser et chanter en chœur la chanson de la Tournante : « Ne changeons point d'article de loi; Mohéli n'a pas encore eu son tour, respectons nos accords ; terminons la boucle du pouvoir île par île ».
M. Kamar Ezamane, Ministre des Finances du Gouvernement de Ngazidja qu'il représentait, à son tour tirait la sonnette de l'alarme en ces termes: ''le Congrès de Sambi n'est rien d'autre qu'un Coup d'Etat. Nous ne reconnaissons ni ce Congrès ni ses Conclusions. Rien n'équivaut à la Nation et le Gouvernement de Ngazidja est prêt à tout mettre pour l'Unité Nationale et la stabilité politique. Nous soutenons sans failles les audacieuses revendications des Mohéliens. Les Mohéliens ne sont pas des séparatistes mais ils luttent contre le séparatisme entretenu par Sambi.
Nous félicitons l'Union Africaine, la France et l'Union Européenne pour leurs positions fermes vis-à-vis des manipulations constitutionnelles du Président Sambi. Les Milices armées ne nous feront jamais peur, sachant que c'est contre un pouvoir autocratique que nous luttons pour recouvrer la paix et la démocratie dans notre pays''.
Ce meeting de Dembeni cadre bien l'Agenda politique retenu, suite à la rencontre de Mrodjou du 3 mars 2010 entre le Président de l'Ile Autonome de Ngazidja et les composantes sociopolitiques nationales. Une conférence de Presse se tient le mardi 9 mars au Select et une caravane d'une cinquantaine de véhicules sillonnera Moroni et la région du centre le Mercredi 10 mars pour dénoncer les visées du Président Sambi vis-à-vis de la Tournante au 26 mai 2010.
Et si Son Excellence le Président Sambi écoutait sa petite voix interne, rien n'est encore très tard pour sortir les pieds devant. Tout dépend de lui, s'il s'obstine à vouloir à contre courant, se faire diriger la tête à l'avant.
M. Ali Saïd |
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La blague du jourVictor Hugo
Un homme et sa femme sortent au restaurant pour fêter leur dixième anniversaire de mariage.
Alors que le serveur s'approche pour leur remettre les menus, la dame lorgne le contenu des assiettes sur les tables voisines pour trouver l'inspiration. Tout à coup, elle donne un petit coup de pied discret à son mari : - Chéri, retourne-toi et regarde. Je crois que c'est Victor Hugo à la table à coté... L'homme se retourne machinalement et répond d'un air consterné : - Chérie, tu sais bien que Victor Hugo est mort depuis longtemps. - Tu es sûr ?
Mais quelques secondes plus tard, elle donne un autre coup de pied à son mari : - Non, regarde... Il a bougé.
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Quand la Mouvance présidentielle tombe de ‘’ bas’’
C’est parti. Le bateau du Dr Sambi prend l’eau, les passagers nagent à contre courant, l’équipage se dispute les gilets de sauvetage, les matelots emportés par le vent, le commandant lui-même pris au piège par sa boussole qui lui a mal indiqué la destination. Pendant que d’autres bateaux cherchent à sauver le peu qui reste, les courtisans du palais de Beit-Salam affichent leur ignorance et s’estiment suffisants pour venir en aide à un commandant désemparé et au premier plan Ibrahim Abdourazakou alias Razida.
Grande fut mon étonnement quand je constate que parmi les personnes qui entourent le président Sambi aucune n’est capable de fournir des explications sur l’aventure dangereuse qu’elles ont lancées leur champion et pour interpréter la loi et expliquer la loi référendaire suicidaire du 17 mai dernier, il fallait désigner Razida. C’est absurde car aux yeux du peuple comorien et de la communauté internationale, c’est une insulte. Comment on peut se permettre de ‘’ cracher’’ sur la Communauté internationale qui attend des explications fermes sur la prolongation du mandat du président Sambi, habillée dans une harmonisation des mandats du président de l’Union et des chefs des Exécutifs des Îles, en ayant comme interlocuteur, un homme sans culture, analphabète, et qui tout au long de sa vie a passé son temps à tricher des titres universitaires ? L’homme a brillé de son incompétence à Comores Telecom durant son passage à la direction des ressources humaines et cerise sur le gâteau, n’a pas manqué de plonger l’hôpital El Marouf dans le coma et nous avons vu dans quelles circonstances le vice-président Ikililou s’est débarrassé de lui.
Mais comme c’est chez Sambi que Razida trouve ceux qui le ressemblent, il porte toujours le drapeau de la Mouvance et on ne peut pas lui en vouloir. Reçus par l’envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine, les membres de la Mouvance Sambi présents ont désigné Razida pour expliquer le principe du non rétroactivité de la loi. Et Madeira n’a pas raté la délégation de la Mouvance et lui a fait comprendre que les heures sont comptées et que le président Sambi doit accepter que l’unité du pays soit sacré et n’est pas négociable. L’histoire est têtue et elle est entrain de se répéter. Quand je vois Said Abdallah cheikh soilih, celui qui a fait couler Taki pendant la crise séparatiste, est celui aujourd’hui qui plonge Sambi dans le désastre. Mais cette fois-ci il a une autre casquette, car il est à l’origine de la création d’une milice de la capitale qui porte les couleurs de l’Orange sous l’autorité de Kiki de la République.
C’est cette milice présente dans les ruelles de la capitale qui sème la terreur et qui impose la nomination de leur chef said abdallah cheikh soilih à un poste de ministre des finances. Un poste convoité également par un autre otage de Kiki en la personne de l’ancien directeur de Radio Comores, Laith Ben Ali, membre de la kikimania et qui, dés son retour de la France où perçoit le chômage, tente de fuir le froid à travers le pouvoir Sambi, mais peine perdue car Mouzguig et Abou Oubeid, tous deux, directeurs de campagne des candidats de kiki soutiennent said abdallah cheikh soilih.
Certains dans la Mouvance de la capitale, plus particulièrement dans l’Orange, souhaiteraient que Abou Oubéid soit nommé ministre mais ce dernier décline l’offre et confie à kiki, je cite, ‘’ je ne me sens pas de faire la prison pour une deuxième fois, et surtout que c’est sambi qui m’a mis en prison après avoir été ministre deux ans. Pensez-vous que c’est normal que je sois jeté en prison pour rien, moi, qui suis fonctionnaire du ministère des finances et directeur général des douanes à plusieurs reprises, et qu’on ne m’a jamais reproché de quoi que ce soit ?’’. Une interrogation qui reste sans réponse dans la kikimania.
De l’autre côté de la Mouvance, il y a le Baobab de Barwane qui réclame la tête de kiki et sa petite bande, une guerre sans merci qui prouve que la fin de règne de sambi est arrivée. Les victimes de cette saga kikiniste sont Razida et kiki lui-même. Les deux ne comprennent pas qu’ils sont pris au piège par la famille de ‘’ Barakani’’. Il est vrai que leur aîné Ali Mroudjaé s’est associé à son cousin Said Abdallah Cheikh Soilih pour terrasser leur neveu Soilih Mohamed Soilih, le bossé, pendant les législatives. Mais que kiki et Razida comprennent que la méchanceté va les terrasser même si Kiki continue à verser aux aînés une pension qui tourne aux alentours de 2 millions de francs comoriens par mois.
En attendant le 26 mai 2010 où Sambi quittera le navire, la kikimania et le baobab auront du pain sur la planche. Et les millions versés aux aînés de notre pays qui préfèrent se réfugier dans le silence et sacrifier l’unité du pays, seront un jour exposés devant nos places publiques.
Issilam Amerdine Ali
Moroni, Caltex |
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 Bacar Abdou, le maire démissionnaire de Mutsamudu, lors d'une manifestation contre les violences perpétrées à Sima le 30 décembre 2009. Bacar Abdou reste une des rares voix qui s'élève contre Sambi à Anjouan
Le Congrès comorien a tranché en faveur du maintien au pouvoir du président Sambi, pour un an et demi encore. Ceci au nom de l'harmonisation des mandats électifs des gouverneurs et du président de l'Union. L'explosion de colère observée à Mohéli la semaine dernière tranche pourtant avec l'atonie des populations des autres îles de l'Union, et des réactions molles de l'opposition nationale.
Bacar Abdou, le maire démissionnaire de Mutsamudu, lors d'une manifestation contre les violences perpétrées à Sima le 30 décembre 2009. Bacar Abdou reste une des rares voix qui s'élève contre Sambi à Anjouan
Les autorités nationales de l'Union des Comores ont affiché un air étonné face aux événements de Mohéli, qui ont suivi la décision de l'Assemblée nationale élargie. Le président Sambi en est plutôt contrarié : aucun commentaire officiel sur ces événements, alors que, à la veille de la tenue du Congrès, c'est lui qui avait appelé les mohéliens à la sagesse et s'était dit persuadé que les "sages mohéliens ne suivraient certainement pas les idées diaboliques de gens malintentionnés". Mais l'on dirait que les habitants de l'île de Djoumbé Fatima ont préféré se montrer fidèles à eux-mêmes, d'une certaine manière.
Et c'est ainsi que dès le jour même du fameux Congrès, la colère a grondé sur l'île. Elle s'est illustrée, lundi, par le dressage de barricades à l'entrée de l'aéroport de Bandar Salama, puis s'est embrasée mercredi par une manifestation monstre qui rassembla plusieurs centaines de mécontents dans les rues de Fomboni, la capitale de Mohéli, et dont le bilan s'est soldé par des bâtiments incendiés, dont le marché et la maison du gouverneur de Mohéli, et plusieurs personnes appréhendées par la gendarmerie.
En Grande-Comore, les réactions post-congrès de l'opposition ont fusé. La Convergence en faveur de la Tournante en 2010, cette coalition de l'opposition nationale, met en cause la légitimité du Congrès, "appelé par ordonnance du chef de l'Etat, au lieu d'être décidé par le Parlement". Une grogne à chaud, tempérée au fil des heures et qui ne laisse pas de trace de brûlé sur le macadam. C'est que, sans doute, Ngazidja (Grande Comore) n'est pas encore celle qui réclame sa tournante. Tout, d'ailleurs, comme Ndzouani (Anjouan).
Ndzouani est, dans ce contexte brûlant, l'île de tous les paradoxes. Aucune réaction, ni citoyenne, ni partisane, face à ce que l'opposition comorienne et la majorité des mohéliens interprètent comme "un subterfuge mis en œuvre par le clan du président Sambi pour se maintenir au pouvoir". Jusqu'à ce que Luc Hallade, l'ambassadeur de France aux Comores, au terme de son excursion dans l'île la semaine dernière, ait invité vendredi quelques-uns des rares opposants de la place à partager son cocktail de départ, à l'hôtel Al-Amal.
Il n'y avait en tout et pour tout que Bacar Abdou, le maire démissionnaire de Mutsamudu et vice-secrétaire général du parti Muruwa, l'ex-député Mustadrane, le Dr Mursoidi et Abdallah Mohamed, un sécessionniste des premières heures. Se confiant à ses hôtes, Luc Hallade s'est aligné, sous d'autres termes, au sentiment de "regret" exprimé mardi par son patron, Bernard Kouchner, à propos du verdict résultant du Congrès. Les "représentants de l'opposition à Anjouan" ont, devant le diplomate français, affiché leur "souhait de voir la communauté internationale, en l'occurrence la France, s'impliquer davantage dans la recherche d'issue à la crise comorienne". L'ambassadeur, quelque peu surpris, conseilla à la frange d'opposants de faire leur proposition de sortie de crise et de la soumettre aux partenaires, car, dit-il, "c'est un problème interne et la communauté internationale ne peut commettre l'imprudence de prendre les devants, de peur d'être accusée d'ingérence".
Garder ses distances ! Ce n'est par ailleurs pas commettre une imprudence que de conclure que l'opposition de paille anjouanaise y a perdu ses illusions. Car Luc Hallade a été clair, du moins verbalement, sur le fait qu'il ne souhaite surtout pas réincarner le personnage maudit des réseaux parallèles français : "cette situation nous afflige, mais nous autres pouvons facilement faire l'objet de mauvaises suspicions si nous nous montrons trop partisans", aurait-il confié en aparté.
Et pendant ce temps, le président Sambi, en homme avisé, prend pied et s'emploie à redorer son blason aux yeux de la population anjouanaise qui, terrée dans son mutisme légendaire, ne peut mieux faire pour lui témoigner son soutien.
Lors d'un lunch occasionnel où il avait invité quelques-uns de ses inconditionnels, samedi dans sa résidence de Mutsamudu, il aurait fait part de sa détermination de dernière heure à "accomplir enfin des choses à Anjouan". Les gros bonnets invités par le président ont eu droit à des prospectus détaillant les projets à court et à long terme envisagés par le raïs à Anjouan. Trois feuilles de format A4 compilent les projections du régime en matière d'infrastructures, d'énergie et d'eau, de santé, de renforcement des institutions etc. De quoi, en somme, faire rougir un paon.
De quoi doper le verbe des usagers du très-populaire dicton "wuwo de watru", traduisez "c'est malgré tout le nôtre". A Mutsamudu, ville natale du président, la réplique a le pouvoir de bloquer tout débat sur les dérapages du pouvoir. Ailleurs, on peut entendre un autre son de cloche, tout aussi déprimant : "Après tout, ces mohéliens ne sont pas prêts à assurer une présidence ! Mais, franchement, qui voyez-vous capable de gouverner ce pays à Mohéli !? Cette tournante, ce ne sera qu'un plat servi aux grands-comoriens sur un plateau d'or ! "
C'est un certain sophisme qui dégage un son de déjà-entendu, sur un autre registre plus euphémique : "Ces réformes institutionnelles, notamment l'harmonisation des mandats, aura l'avantage de préparer une meilleure gouvernance à la tournante mohélienne", disait celui qui s'affirme comme "le premier défenseur" de cette tournante [Sambi]. Cette vision des choses tranche étrangement avec ses déclarations datant des premiers jours de son règne : "Je sais que le nouvel ensemble comorien est truffé de complexité et de contradictions, mais je ferai avec. Je ne veux y changer quoi que ce soit." Il avait vite parlé ! Ou alors, peut-être que, comme dit l'adage, à force de tirer l'eau du puits, on finit par en voir le fond.
E.T./Malango
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