|
| Anciens articles |
| Lun | Mar | Mer |
Jeu | Ven | Sam | Dim | | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | | 29 | 30 | 31 | | | | | | | | | | | | << Mars >> |
|
|
|
Une semaine après le Congrès, une atmosphère brumeuse Le Congrès comorien a tranché en faveur du maintien au pouvoir du président Sambi, pour un an et demi encore. Ceci au nom de l'harmonisation des mandats électifs des gouverneurs et du président de l'Union. L'explosion de colère observée à Mohéli la semaine dernière tranche pourtant avec l'atonie des populations des autres îles de l'Union, et des réactions molles de l'opposition nationale.
Alain Fogriot, Malango
Les autorités nationales de l'Union des Comores ont affiché un air étonné face aux événements de Mohéli, qui ont suivi la décision de l'Assemblée nationale élargie. Le président Sambi en est plutôt contrarié : aucun commentaire officiel sur ces événements, alors que, à la veille de la tenue du Congrès, c'est lui qui avait appelé les mohéliens à la sagesse et s'était dit persuadé que les "sages mohéliens ne suivraient certainement pas les idées diaboliques de gens malintentionnés". Mais l'on dirait que les habitants de l'île de Djoumbé Fatima ont préféré se montrer fidèles à eux-mêmes, d'une certaine manière.
Et c'est ainsi que dès le jour même du fameux Congrès, la colère a grondé sur l'île. Elle s'est illustrée, lundi, par le dressage de barricades à l'entrée de l'aéroport de Bandar Salama, puis s'est embrasée mercredi par une manifestation monstre qui rassembla plusieurs centaines de mécontents dans les rues de Fomboni, la capitale de Mohéli, et dont le bilan s'est soldé par des bâtiments incendiés, dont le marché et la maison du gouverneur de Mohéli, et plusieurs personnes appréhendées par la gendarmerie.
En Grande-Comore, les réactions post-congrès de l'opposition ont fusé. La Convergence en faveur de la Tournante en 2010, cette coalition de l'opposition nationale, met en cause la légitimité du Congrès, "appelé par ordonnance du chef de l'Etat, au lieu d'être décidé par le Parlement". Une grogne à chaud, tempérée au fil des heures et qui ne laisse pas de trace de brûlé sur le macadam. C'est que, sans doute, Ngazidja (Grande Comore) n'est pas encore celle qui réclame sa tournante. Tout, d'ailleurs, comme Ndzouani (Anjouan).
Ndzouani est, dans ce contexte brûlant, l'île de tous les paradoxes. Aucune réaction, ni citoyenne, ni partisane, face à ce que l'opposition comorienne et la majorité des mohéliens interprètent comme "un subterfuge mis en œuvre par le clan du président Sambi pour se maintenir au pouvoir". Jusqu'à ce que Luc Hallade, l'ambassadeur de France aux Comores, au terme de son excursion dans l'île la semaine dernière, ait invité vendredi quelques-uns des rares opposants de la place à partager son cocktail de départ, à l'hôtel Al-Amal.
Il n'y avait en tout et pour tout que Bacar Abdou, le maire démissionnaire de Mutsamudu et vice-secrétaire général du parti Muruwa, l'ex-député Mustadrane, le Dr Mursoidi et Abdallah Mohamed, un sécessionniste des premières heures. Se confiant à ses hôtes, Luc Hallade s'est aligné, sous d'autres termes, au sentiment de "regret" exprimé mardi par son patron, Bernard Kouchner, à propos du verdict résultant du Congrès. Les "représentants de l'opposition à Anjouan" ont, devant le diplomate français, affiché leur "souhait de voir la communauté nternationale, en l'occurrence la France, s'impliquer davantage dans la recherche d'issue à la crise comorienne". L'ambassadeur, quelque peu surpris, conseilla à la frange d'opposants de faire leur proposition de sortie de crise et de la soumettre aux partenaires, car, dit-il, "c'est un problème interne et la communauté internationale ne peut commettre l'imprudence de prendre les devants, de peur d'être accusée d'ingérence".Garder ses distances !
Ce n'est par ailleurs pas commettre une imprudence que de conclure que l'opposition de paille anjouanaise y a perdu ses illusions. Car Luc Hallade a été clair, du moins verbalement, sur le fait qu'il ne souhaite surtout pas réincarner le personnage maudit des réseaux parallèles français : "cette situation nous afflige, mais nous autres pouvons facilement faire l'objet de mauvaises suspicions si nous nous montrons trop partisans", aurait-il confié en aparté.
Et pendant ce temps, le président Sambi, en homme avisé, prend pied et s'emploie à redorer son blason aux yeux de la population anjouanaise qui, terrée dans son mutisme légendaire, ne peut mieux faire pour lui témoigner son soutien.
Lors d'un lunch occasionnel où il avait invité quelques-uns de ses inconditionnels, samedi dans sa résidence de Mutsamudu, il aurait fait part de sa détermination de dernière heure à "accomplir enfin des choses à Anjouan". Les gros bonnets invités par le président ont eu droit à des prospectus détaillant les projets à court et à long terme envisagés par le raïs à Anjouan. Trois feuilles de format A4 compilent les projections du régime en matière d'infrastructures, d'énergie et d'eau, de santé, de renforcement des institutions etc. De quoi, en somme, faire rougir un paon.
De quoi doper le verbe des usagers du très-populaire dicton "wuwo de watru", traduisez "c'est malgré tout le nôtre". A Mutsamudu, ville natale du président, la réplique a le pouvoir de bloquer tout débat sur les dérapages du pouvoir. Ailleurs, on peut entendre un autre son de cloche, tout aussi déprimant : "Après tout, ces mohéliens ne sont pas prêts à assurer une présidence ! Mais, franchement, qui voyez-vous capable de gouverner ce pays à Mohéli !? Cette tournante, ce ne sera qu'un plat servi aux grands-comoriens sur un plateau d'or ! "
C'est un certain sophisme qui dégage un son de déjà-entendu, sur un autre registre plus euphémique : "Ces réformes institutionnelles, notamment l'harmonisation des mandats, aura l'avantage de préparer une meilleure gouvernance à la tournante mohélienne", disait celui qui s'affirme comme "le premier défenseur" de cette tournante [Sambi]. Cette vision des choses tranche étrangement avec ses déclarations datant des premiers jours de son règne : "Je sais que le nouvel ensemble comorien est truffé de complexité et de contradictions, mais je ferai avec. Je ne veux y changer quoi que ce soit." Il avait vite parlé ! Ou alors, peut-être que, comme dit l'adage, à force de tirer l'eau du puits, on finit par en voir le fond.
Source : inoussa blog
|
| Voir les commentaires (0) | Ajouter un commentaire |
|
|

Dans un communiqué de presse publié le 4 mars dernier, le gouvernement comorien « exprime sa grande préoccupation quant à l'orientation que préconise l'Union africaine, visant à un consensus à rechercher entre les acteurs politiques comoriens ». Selon le ministère des relations extérieures, qui réagissait au récent communiqué de l'Organisation panafricaine, publié la veille, l'absence de l'opposition et d'une partie des élus mohéliens au Congrès du 1er mars dernier « ne saurait remettre en question le verdict rendu » par cette instance qui a fixé au 27 novembre 2011 les élections du président de l'Union et des gouverneurs, prorogeant de 18 mois le mandat du chef de l'Etat Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.
A en croire les autorités du pouvoir central, cette démarche qu'a déplorée l'Union Africaine, ne serait pas de nature à compromettre « les deux principes fondamentaux de la tournante et de l'autonomie des îles ». C'est ainsi que le gouvernement demande à cette organisation « partenaire incontournable » dans la résolution de la crise comorienne, « à prendre en considération les nombreuses bonnes dispositions » qu'il a prises et qui n'ont pas apporté les résultats escomptés ».
Plus surprenante est sans doute aussi l'autre réaction par rapport à la position affichée par la France sur les récents événements. Le gouvernement comorien, estime que les accords de Fomboni dont Paris recommande le respect scrupuleux, « ne devraient pas constituer aujourd'hui la principale référence », en avançant l'argument selon lequel « les objectifs auxquels ils concourraient ont déjà été atteints, à savoir la mise en place effective des institutions nationales ».
Tout en prenant acte, l'ancienne puissance colonisatrice avait regretté « que cette décision importante pour l'avenir du pays, ait été prise sans concertation, en l'absence de la plupart des élus mohéliens et de l'opposition comorienne, et qui n'ont de ce fait pas participé au vote ».
Les Etats Unis d'Amérique ont également abondé dans le même sens en exhortant le pouvoir Sambi à s'engager sur la voie du consensus politique pour éviter une nouvelle crise institutionnelle dans le pays.
Le communiqué du gouvernement comorien semble ignorer que l'accord du 17 février 2001 consacrant la réconciliation nationale, devait mettre fin à une crise séparatiste qui a éclaté sur l'île d'Anjouan en 1997 et qui menaçait jusqu'à l'existence même de la nation comorienne. Or, les mêmes causes entraînant les mêmes effets, la volonté du régime en place visant à proroger le mandat du président Sambi au-delà du 26 mai 2010 comporte un risque sérieux de faire voler en éclat cette réconciliation nationale encore fragile, comme viennent de le démontrer les récents événements de Mohéli où l'écrasante majorité de la population et de ses élus exige le respect de la présidence tournante en 2010.
13 sur 16 représentants élus de la population de l'île [députés et conseillers] n'ont pas siégé à ce congrès, boycotté par l'opposition nationale. La décision a été votée à la majorité absolue par 60 voix sur les 84 élus que comptent l'assemblée nationale et les conseils des trois îles. HKZ/Moroni |
| Voir les commentaires (0) | Ajouter un commentaire |
|
|
La blague du jourOn se revoit dans 10 ans
La fac est terminée, deux copains se séparent en se promettant une rencontre tous les 10 ans pour faire le bilan de leur réussite.
La première dizaine arrive à terme et Julien, affiche une belle 406, beau costume, attache-case BCBG ; il explique qu'il est cadre d'entreprise, marié deux enfants adorables, une maison neuve... - Et toi Simon ? - Bof, chômage RMI, célibataire... (de plus il titube un peu). - Simon,.. à dans 10 ans ! Et ils séparent.
Les 10 années suivantes se sont écoulées et les revoilà réunis dans bistrot. Julien crane un peu en racontant sa Mercedes, sa promotion de directeur ; un divorce et un remariage avec une fille de 15 ans plus jeune. - Ben moi, dit Simon, plus délabré encore, rien de neuf. Je perds au jeu, je bois... - Simon,.. à dans 10 ans ! Aller un peu de courage ! Réveille-toi. On a passé de bons moments ensemble.
La troisième décennie échoit. Même discours, Julien est promu PDG, il roule en Porsche, possède un yacht, une maison de campagne... Mais surpris, il remarque son copain Simon fringué comme un mannequin à bord d'une Ferrari. - Hé, dis donc raconte-moi, Simon. - J'ai ramené les bouteilles à la consigne. |
| Voir les commentaires (0) | Ajouter un commentaire |
|
|
 Mwali renie Sambi comme Président de l'Union dès le 26 mai 2010 DECLARATION DE FOMBONI
Le Président Anjouanais de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah SAMBI et ceux qui soutiennent sa politique de destruction systématique des attributs de l'Unité Nationale, qui portent atteinte à l'intégrité territoriale et qui sapent les fondements de la Réconciliation Nationale garantie pourtant par le processus de Fomboni, ont exclu de l'Etat Comorien l'Ile Autonome de Mwali, partie intégrante de l'Union des Comores.
En imposant unilatéralement une réforme constitutionnelle dans le but de pouvoir rester au pouvoir au-delà du 26 mai 2010, terme de son mandat, le Président Sambi a confirmé la règle selon laquelle certains Chefs d'Etat sont capables de sacrifier l'intérêt supérieur de la Nation au profit des leurs propres.
Aussi, en organisant un Congrès de l'Assemblée de l'Union et des Conseils des Iles Autonomes sans qu'une loi fixe préalablement l'organisation et le fonctionnement dudit Congrès, le régime Sambi s'est présenté sur son vrai visage: un système de non-droit.
La mission assignée au Congrès n'avait rien à avoir avec la fin des mandats des Chefs des Exécutifs; elle consistait à fixer une date de l'élection du Président de l'Union et des Gouverneurs des îles. En décidant de proroger le mandat de l'actuel Président de l'Union des Comores, les autorités nationales ont pris le risque d'exclure Mwali de la gestion consensuelle et agréée par tous de la magistrature suprême du pays.
Face à une telle gravissime attitude du régime Sambi, la population de Mwali très choquée par le mépris qu'affiche les autorités nationales et exprime sa très vive indignation ainsi que sa révolte. Elle considère que les autorités nationales viennent de pousser à la porte des Comores, l'Ile de Mwali et elle en a pris acte.
Elle condamne l'attitude de la communauté internationale notamment de l'Union Africaine, signataire et garante de l'application de l'Accord cadre pour la Réconciliation Nationale aux Comores, qui n'a pas rempli ses obligations.
La population de Mwali qui constitue une minorité nationale, se considère désormais victime d'un régime fondé sur le favoritisme et le clanisme.
Elle accuse le régime Sambi de mépris des aspirations légitimes d'une partie de sa population, de chauvinisme de discrimination.
La population de Mwali et les Forces vives dans l'Ile de Mwali, réunies ce jour en Congrès du Rassemblement de toutes les localités de l'Ile dans la place de la Réconciliation Nationale à Fomboni, ont décidé de : 1°) Ne plus considérer Ahmed Abdallah Sambi comme Chef de l'Etat à partir du 26 mai 2010. 2°) Bannir toute coopération administrative et politique entre le régime Illégal Sambi et l'Autorité légale de l'Ile Autonome de Mwali à partir du 26 mai 2010. 3°) Interdire à partir d'aujourd'hui tout contact avec tous ceux qui ont milité pour que l'Ile de Mwali soit exclue de l'exercice des fonctions de la présidence de l'Union des Comores dans une alternance démocratique suivant la législation en vigueur aux Comores.
Pour y parvenir, la population et les Forces Vives de Mwali lancent un appel pressant aux autorités légales de Mwali de prendre progressivement toutes dispositions nécessaires devant libérer l'Ile Autonome de Mwali de l'autorité du régime illégal de Sambi.
La population de Mwali demande à la Coordination des Forces Vives mettre en place une stratégie globale pour le retour des Comores à l'ordre constitutionnel dans des meilleurs délais.
Elle demande instamment à la communauté internationale notamment à la présidence de la Commission de l'Union Africaine et au Pays Coordonnateur des efforts de l'Union Africaine et des pays de la région de l'Océan Indien, de s'investir davantage pour la recherche d'une solution consensuelle juste et équitable qui permette à ce que l'alternance politique de 2010 se fasse dans des meilleures conditions.
Fait à Fomboni, le 06 mars 2010
|
| Voir les commentaires (0) | Ajouter un commentaire |
|
|
 UNION DES COMORES Ile Autonome de Mwali Coordination des Forces Vives de Mwali Fomboni, le 05 mars 2010
A MonsieurJean PING, Président de la Commission de l'Union Africaine, Addis Abéba, Ethiopie
Monsieur le Président,
Le 17 février 2001, sous les auspices de l'Organisation de l'Unité Africaine appuyée par l'Organisation internationale de la Francophonie et l'Union Européenne, et en présence de la Ligue des Etats Arabes et de l'Organisation des Nations Unies, fut signé par toutes les parties comoriennes, l'Accord cadre de Fomboni pour la Réconciliation Nationale aux Comores.En signant cet Accord historique, l'Ile de Mwali, habituée aux tentations des deux autres Iles à vouloir lui imposer leur hégémonie, a pris en compte les efforts déployés par toutes les autres Parties ainsi que par la communauté internationale pour trouver une solution juste, équitable et durable à la crise qui menaçait l'unité nationale.
Aussi, l'Ile de Mwali a-t-elle insisté lors des discussions directes et franches entre les comoriens de la nécessité de créer toutes les conditions pour la mise en place d'un cadre institutionnel répondant aux aspirations légitimes de sa population.C'est dans ce cadre que tous les comoriens ont convenu de la mise en place d'un nouvel Etat aux mécanismes qui répondent adéquatement à la nécessité d'un partage du pouvoir entre l'Etat et les îles, afin de permettre aux îles de concrétiser leurs aspirations légitimes, d'administrer et de gérer librement leurs propres affaires et de promouvoir ainsi leur développement socio-économique.Seul le respect des engagements qui seraient pris par les parties comoriennes devraient renforcer, consolider et promouvoir la cohésion nationale, à travers le dialogue et la concertation sur tous les sujets ayant une portée nationale.
Et enfin, l'Ile de Mwali était convaincue de l'impérieuse nécessité d'instaurer la justice, l'égalité, la démocratie, la bonne gouvernance, le respect des droits de l'homme et des libertés publiques, et d'impliquer tous les Comoriens dans ce processus afin d'éviter à jamais les déstabilisations et les crises institutionnelles que les Comores ont connues depuis leur accession à la souveraineté internationale.
En approuvant cet Accord de Fomboni, l'Ile de Mwali était persuadée que si le fondement dudit nouvel Etat obéissait à la nécessité du respect de l'unité nationale, de l'intégrité territoriale et de la souveraineté des Comores mais également à l'équité dans la gestion de l'Etat par toutes les Entités des Comores, alors sa viabilité est assurée. L'Ile de Mwali comme d'ailleurs toutes les parties signataires, a apprécié l'engagement de la communauté internationale notamment de l'Union Africaine à veiller à la stricte application des dispositions de l'Accord.
C'est ainsi que toutes les parties ont convenu que la Constitution de l'Union des Comores concrétisera les aspirations légitimes exprimées par les populations des Iles et déterminera entre autres les domaines de compétence de l'Ensemble et des Iles sous réserve de garantir à l'Etat les prérogatives relatives à sa souveraineté.Pour davantage de garanties dans le respect des engagements pris par toutes les parties comoriennes, il a été convenu lors du dialogue inter comorien que la nouvelle loi fondamentale de l'Union des Comores instituera des domaines ne pouvant pas faire l'objet d'une quelconque révision pour décourager ceux qui voudraient profiter du pouvoir pour instaurer une dictature en écrasant les plus faibles comme l'Ile de Mwali.
C'est ainsi que le 23 décembre 2001, les comoriens dans leur majorité, adoptèrent la constitution de l'Union des Comores. Dans son article 37, alinéa 2, la constitution stipule: "Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'unité du territoire et à l'intangibilité des frontières internationalement reconnues de l'Union ainsi qu'à l'autonomie des Iles". Quant à l'article 13, la constitution institue une présidence tournante avec à la clé une élection primaire dans une des îles de l'Union des Comores tous les quatre ans.A cet effet, en 2002, ce fut le tour de l'Ile de Ngazidja d'organiser les primaires. En 2006, ce fut le tour de l'Ile de Ndzouani. En 2010, le tour revient équitablement à l'Ile de Mwali.
Monsieur le Président,
L'actuel Président de l'Union, originaire de l'Ile de Ndzouani, dans un discours à la nation, a exprimé son souhait de voir son mandat proroger de trois, deux ou une année justifiant cela par le fait que l'Ile de Ngazidja aurait assumé la charge de la magistrature suprême quatre et trois ans, faisant allusion ici, probablement, aux trois ans du régime issu du putsch du 30 avril 1999.
Ensuite, unilatéralement, le Président Sambi a engagé le pays dans l'organisation d'un référendum non concerté le 17 mai 2009.L'Ile de Mwali n'a pas manqué d'alerter l'opinion nationale et internationale de la gravité d'une telle démarche d'autant que dans son projet de loi référendaire, des dispositions remettaient en cause l'autonomie des îles et prorogeaient son mandat au-delà du terme légal.Un dialogue inter comorien initié par l'Union Africaine s'est heurté aux visées de prorogation de mandat des partisans du Président de l'Union qui n'a pas tenu compte des recommandations et remarques pertinentes faites par les acteurs politiques ainsi que par la société civile comorienne représentée dans ces assises.
Après le référendum organisé dans des conditions qui ne répondent à aucune disposition légale en vigueur et dans la violence à Mwali par exemple où des citoyens, médecins, hommes politiques furent molestés par les forces de l'ordre, l'Ile de Mwali fut choquée en lisant les propos du chef du bureau de liaison de l'Union Africaine aux Comores qui s'exprimait comme un Haut Commissaire aux Comores au temps de la colonisation et qui a dit à propos de la tournante à Mwali ceci: "La tournante aura lieu si...". Ceci est suivi par les félicitations de votre Envoyé Spécial au Président Sambi suite à l'adoption de la loi référendaire.
Monsieur le Président,
Les nouvelles dispositions constitutionnelles introduites par ladite réforme n'ont fait que rendre encore plus compliquée la lecture de la loi fondamentale.En effet, si l'on considère que l'objectif de la réforme est entre autres de proroger le mandat du Président de l'Union, il n'en demeure pas moins que cela reste un mystère. Conformément aux nouvelles dispositions constitutionnelles, c'est le Congrès des députés de l'Union et des conseilles des îles qui, en vue d'harmoniser les élections, fixent la date de l'élection du Président de l'Union et des Gouverneurs des îles. Nulle part il n'a pas été dit que c'est le Chef de l'Exécutif qui convoque ce Congrès ou encore moins qui propose la date.
Pire, le Congrès a été convoqué sans que l'Assemblée de l'Union ait fixé les règles d'organisation et de son fonctionnement interne. C'est le Chef de l'Exécutif encore qui publie quelques heures avant la tenue du Congrès une ordonnance en ce sens sans l'implication du pouvoir législatif. Le texte proposé émane des députés de la majorité présidentielle et non du Gouvernement comme si le Congrès serait une institution ordinaire comme l'Assemblée de l'Union.
En plus, l'Ile de Mwali continue de douter sur une logique qui traduirait "fixer la date d'une élection" avec "la fin du terme d'un mandat électif". Il nous paraît beaucoup plus juste de comprendre que "fixer une date d'une élection" est une chose, tandis que la "fin d'un mandat" quoique lié à l'élection, en est une autre.C'est pour ces raisons, Monsieur le Président que les élus de l'Ile de Mwali comme d'ailleurs tous les élus de l'opposition ont préféré ne pas cautionner une telle mascarade dont le seul but est la violation du contrat convenu entre les comoriens le 17 février 2001 à Fomboni. L'Ile de Mwali depuis toujours, continue de subir le diktat des autres îles quand bien même elle a toujours été à l'avant-garde de la défense de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale.
Depuis une semaine, sa population manifeste pacifiquement dans les rues de Fomboni pour interpeller le monde entier de la discrimination, du chauvinisme et du mépris qu'elle subit. Le Gouvernement de l'Union n'a su répondre aux revendications légitimes de la population de la plus petite des îles des Comores que par le déploiement des plusieurs militaires venus des autres îles, l'arrestation des jeunes, des hommes et femmes innocentes et dont le seul crime serait l'expression de leur détermination à défendre les intérêts de leur île.
La population de Mwali a été très sensible Monsieur le Président, de la promptitude avec laquelle vous avez réagi et l'exactitude des termes contenus dans le Communiqué de presse du mercredi 3 mars 2010.Elle a noté cependant que s'il vous a été rapporté que le Congrès s'est tenu alors "qu'une partie de l'opposition boycottait les travaux", le fait que les 13 élus sur les 16 que compte l'Ile de Mwali n'ont pas pris part aux travaux ne vous a pas été communiqué et que ce sont tous les élus de l'opposition qui ont boycotté les travaux du Congrès et non une partie.
Au final, la décision de ravir l'Ile de Mwali son droit constitutionnel d'organiser les primaires pour l'élection du Président de l'Union, fut prise par 29 élus originaires de Ndzouani et 28 autres élus de Ngazidja. Les élus de Mwali n'ont été que trois. Vous conviendrez avec nous Monsieur le Président qu'à ce rythme, les élus des deux îles peuvent tout décider sur tout.
Nous avons noté également avec une très grande attention que la Commission que vous présidez, lors de sa 14ème Session ordinaire tenue à Addis Abeba du 31 janvier au 2 février 2010, "avait souligné la nécessité pour toutes les parties comoriennes de travailler de façon consensuelle à la mise en œuvre des réformes constitutionnelles introduites à la suite du référendum du 17 mai 2009".Comme vous l'avez prédit, puisque les autorités nationales ont pris des décisions unilatérales contraires aux dispositions qu'elles ont fait adopter, aujourd'hui ce sont les principes, les mécanismes et les équilibres qui sous-tendent le processus de réconciliation, notamment la présidence tournante de l'Union des Comores, qui sont remis en cause.
Et enfin, nous avons pris acte de votre engagement ainsi que celui de la Commission pour assister les comoriens à la recherche d'une solution conforme à la législation en vigueur et aux principes qui fondent le processus de Fomboni. Soyez rassuré Monsieur le Président de la Commission, que telle est notre position.
La Coordination des Forces Vives dans l'Ile Autonome de Mwali vous présentera, lors de la rencontre que vous envisagez, des propositions de sortie de crise se conformant à l'esprit du processus de Réconciliation Nationale pour que la paix civile, la cohésion nationale et la démocratie soient consolidées aux Comores.
Veuillez croire Monsieur le Président de la Commission à notre Haute Considération.
Ali Hassanaly
Président de la Coordination /size]
|
| Voir les commentaires (0) | Ajouter un commentaire |
|
|